
Sans surprise, la Cour constitutionnelle de la République Centrafricaine a validé lundi 19 janvier 2026, la réélection du président Faustin-Archange Touadéra. Crédité de près de 78 % des suffrages, le chef de l’État entame un nouveau septennat, conforté par un bilan sécuritaire mis en avant et une opposition déboutée de ses recours. Désormais, tous les regards se tournent vers les législatives pour parachever cette mainmise politique.
C’est l’épilogue d’un scrutin dont l’issue ne faisait plus guère de doute. Alors que les résultats provisoires le donnaient déjà large vainqueur dès le premier tour, le Conseil constitutionnel a définitivement entériné, ce lundi, la victoire de Faustin-Archange Touadéra à l’élection présidentielle du 28 décembre dernier.
Loin d’affaiblir son score, la haute juridiction a même revu les chiffres à la hausse : le président sortant est réélu avec 77,90 % des voix, contre les 76,15 % initialement annoncés par l’Autorité Nationale des Élections (ANE). Cette validation marque l’entrée officielle de la Centrafrique dans une nouvelle ère politique, inaugurée par la réforme constitutionnelle de 2023. Celle-ci, en faisant passer le mandat présidentiel de cinq à sept ans, a ouvert la voie à ce troisième mandat controversé mais désormais acté.
Un plébiscite sur fond de sécurisation du territoire
Pour les observateurs, ce score soviétique s’explique en partie par la stratégie du président sortant, axée sur le retour de l’autorité de l’État. La campagne a largement capitalisé sur les progrès réalisés en matière de réconciliation nationale et de reconstruction post-conflit.
Le camp Touadéra a su mettre en avant des avancées tangibles : un processus de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR) qui porte ses fruits et un redéploiement progressif de l’administration sur des zones jadis contrôlées par les groupes armés. En se posant en garant de la stabilité et du développement économique, le président a su convaincre une majorité de l’électorat de la nécessité de la continuité.
L’opposition : entre rejet et résignation
Face à ce rouleau compresseur, l’opposition apparaît fragmentée. Si la victoire est éclatante sur le papier, elle reste contestée sur le fond par une partie de la classe politique. Le principal rival du président, Anicet Georges Dologuélé, arrive loin derrière avec 13,50 % des suffrages.
Bien que certains candidats aient rapidement concédé leur défaite, l’ancien Premier ministre Dologuélé avait maintenu une ligne dure, dénonçant des « fraudes massives » durant la campagne et le scrutin. Son recours en annulation a toutefois été rejeté par la Cour constitutionnelle, faute de preuves jugées suffisantes pour remettre en cause la sincérité du vote. Une décision qui ferme la voie judiciaire et contraint l’opposition à revoir sa stratégie.
Cap sur les législatives
La présidentielle désormais derrière lui, Faustin-Archange Touadéra ne compte pas s’arrêter là. L’enjeu se déplace immédiatement vers le second tour des élections législatives.
L’objectif pour le parti au pouvoir est clair : transformer l’essai présidentiel en majorité parlementaire absolue. Une victoire aux législatives permettrait d’asseoir définitivement l’autorité du camp présidentiel sur les institutions décisionnelles et de dérouler sans entrave le programme de ce premier septennat de la « nouvelle République ».




