
Avec L’Oiseau de Tazmamart, les éditions Alifbata publient un roman graphique inspiré du témoignage d’Ahmed Marzouki, ancien détenu du sinistre bagne secret marocain. L’ouvrage, dessiné par Ilyass Koundi, revient sur l’enfermement, la survie et la mémoire d’un lieu symbole des années de plomb au Maroc.
Les éditions Alifbata proposent avec L’Oiseau de Tazmamart un roman graphique consacré à l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine du Maroc. L’album s’appuie sur le témoignage d’Ahmed Marzouki, survivant de Tazmamart et auteur de Tazmamart : Cellule 10, pour raconter la réalité de ce bagne secret situé dans le désert marocain.

L’ouvrage revient sur l’enfermement de plusieurs militaires après la tentative de coup d’État contre Hassan II, le 10 juillet 1971. À travers le parcours d’Ahmed Marzouki, la bande dessinée retrace un destin brisé par la répression politique et la volonté d’effacement des détenus.
Ahmed Marzouki, témoin de Tazmamart
Figure centrale du récit, Ahmed Marzouki fait partie des rares survivants de Tazmamart. Son témoignage a permis de documenter de l’intérieur les conditions extrêmes de détention imposées dans ce lieu longtemps tenu secret.
Dans L’Oiseau de Tazmamart, son histoire devient le socle d’un récit graphique qui mêle mémoire historique et narration sensible. Le livre donne ainsi une nouvelle visibilité à un épisode longtemps resté dans l’ombre.
Ilyass Koundi au dessin
La bande dessinée est dessinée par Ilyass Koundi, avec la participation du collectif Alkhariqun et de Romy Alexandre au scénario. Le choix du noir et blanc renforce la dureté du propos et l’atmosphère d’enfermement.
Le graphisme accompagne un récit sobre, tendu et symbolique. La présence de Faraj, un oiseau blessé incapable de voler, apporte une dimension métaphorique à l’histoire et incarne l’idée d’une liberté intérieure malgré la prison.
Une BD de mémoire et de transmission
Publié par Alifbata en coédition avec Le Fennec, L’Oiseau de Tazmamart compte 112 pages et est paru le 20 février 2026. Au-delà du cas marocain, l’album montre comment la bande dessinée peut servir à transmettre des récits de survie et à préserver une mémoire politique.
En donnant une forme visuelle à ce témoignage, l’ouvrage s’inscrit dans une démarche de mémoire historique. Il s’adresse autant aux lecteurs de bande dessinée qu’à ceux qui s’intéressent à l’histoire contemporaine du Maroc.






