
L’Algérie a décidé de rouvrir entièrement son espace aérien à la circulation aérienne malienne à compter de ce vendredi 10 juillet 2026. Cette décision met fin à plus d’un an de fermeture décidée sur fond de tensions diplomatiques et sécuritaires entre Alger et Bamako.
L’Algérie et le Mali ont rouvert leurs espaces aériens respectifs et annoncé le retour de leurs ambassadeurs ce vendredi 10 juillet 2026. Ces décisions, prises le même jour à Alger et à Bamako, referment quinze mois de crise diplomatique et sécuritaire née de la destruction d’un drone malien en avril 2025.
Le ciel algérien est de nouveau accessible aux appareils en provenance ou à destination du Mali. Dans un communiqué publié vendredi, le ministère algérien de la Défense nationale (MDN) a annoncé la réouverture totale de l’espace aérien national au trafic aérien malien. Dans les heures qui ont suivi, Bamako a répondu par une mesure identique, rouvrant à son tour son espace aux vols algériens.
« L’Algérie a décidé, à compter d’aujourd’hui, vendredi 10 juillet 2026, de rouvrir entièrement son espace aérien national à la circulation aérienne malienne », indique le communiqué. Cette mesure concerne l’ensemble des vols à destination et en provenance du Mali, à travers les différentes routes internationales.
Cette décision met un terme à la fermeture décrétée par Alger le 7 avril 2025. À l’époque, les autorités algériennes avaient justifié cette mesure par ce qu’elles avaient qualifié de « violations répétées » de leur espace aérien par des appareils maliens.
La crise s’est installée après la destruction, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, d’un drone de reconnaissance des forces armées maliennes près de Tin Zaouatine, dans la région frontalière de Kidal. Alger avait affirmé que l’appareil avait pénétré son espace aérien avant d’adopter une trajectoire jugée hostile. Bamako avait, de son côté, contesté cette version et assuré que l’épave du drone avait été retrouvée en territoire malien. Selon Alger, il s’agissait alors de la troisième incursion d’un appareil malien en quelques mois, après deux précédents relevés le 27 août et le 29 décembre 2024.
Une réponse malienne symétrique
À la décision algérienne a répondu, le même jour, une mesure en miroir. Par le communiqué n°2026-003 signé du général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, porte-parole du gouvernement, Bamako a annoncé la réouverture de son espace aérien à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols vers l’Algérie ou en provenance de celle-ci, ainsi que le retour à Alger de son ambassadeur.
En avril 2025, le Mali avait interdit son propre ciel aux appareils algériens, une mesure de réciprocité à laquelle s’étaient joints le Burkina Faso et le Niger, ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Alger a bouclé la séquence en confirmant le retour de son propre ambassadeur à Bamako, Kamel Retieb, rappelé pour consultations le 7 avril 2025.
Les deux capitales invoquent la « redynamisation des relations de coopération et d’amitié » pour justifier ce dégel. Les communiqués ne précisent toutefois ni le calendrier de reprise effective des vols, ni la date de retour des diplomates à leur poste.
Un dégel plus large avec les pays de l’AES
La réouverture n’est pas le premier geste d’Alger en direction de Bamako ces derniers mois. Fin avril 2026, le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf avait réaffirmé le soutien de l’Algérie à l’unité territoriale et institutionnelle du Mali. Le 2 mai, le président Abdelmadjid Tebboune avait proposé, lors d’un entretien télévisé, une médiation algérienne si Bamako en formulait la demande.
Le rapprochement concerne les deux autres pays de l’AES. Le Niger a renvoyé son ambassadeur à Alger en février 2026, avant une visite d’État du président Abdourahmane Tiani les 15 et 16 février. Avec le Burkina Faso, des accords sur les hydrocarbures et les mines ont été signés à la même période. Jusqu’à ce vendredi, le Mali restait, des trois États de l’alliance, le seul dont la relation avec Alger demeurait ouvertement tendue.
Derrière le geste diplomatique, l’ambition d’un hub continental ?
Alger cherche par ailleurs à renforcer sa présence dans le transport aérien africain, ce que la réouverture vient servir. Depuis le début de l’année 2026, la compagnie nationale Air Algérie multiplie les initiatives pour développer son réseau continental.
Dès janvier 2026, le transporteur avait affiché son ambition de se positionner comme hub régional, avec l’annonce de liaisons vers Addis-Abeba et Kuala Lumpur. Il a ensuite inauguré une liaison vers Libreville, au Gabon, en juin 2026, et étudie de nouvelles connexions avec plusieurs capitales africaines. La levée du verrou malien dégage l’une des routes les plus directes vers l’Afrique subsaharienne, au cœur de cette stratégie de plaque tournante.




