Intelligence artificielle : la Tunisie, l’Algérie et le Maroc installent le Maghreb dans le Top 10 africain des talents


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Selon l’AI Talent Readiness Index for Africa 2025, publié par Qhala et Qubit Hub, trois pays du Maghreb figurent parmi les dix États africains les mieux préparés à former, retenir et mobiliser des talents en intelligence artificielle. La Tunisie se classe 2e, l’Algérie 8e et le Maroc 9e, confirmant le rôle moteur de l’Afrique du Nord dans la compétition continentale des compétences numériques.

La Tunisie au contact de l’Afrique du Sud

La Tunisie s’impose comme l’un des pays africains les plus avancés dans la préparation des talents liés à l’intelligence artificielle. Avec un score de 51,80 sur 100, elle partage la deuxième place du classement avec l’Égypte, juste derrière l’Afrique du Sud, première avec 52,15 points, selon l’AI Talent Readiness Index for Africa 2025.

Ce résultat repose d’abord sur un socle technique solide. La Tunisie obtient la meilleure performance continentale dans le pilier “données et infrastructures”, un indicateur essentiel pour le développement de l’IA. Le pays se distingue aussi par une densité de développeurs particulièrement élevée : 4 120 développeurs par million d’habitants, soit le niveau le plus important relevé dans la région.

Autre point fort : la part de la population disposant de compétences en TIC atteint 71,37 %, devant le Maroc, l’Algérie et l’Égypte. Ce chiffre traduit une avance ancienne dans la formation numérique, même si le classement ne mesure pas directement la qualité des formations ni leur adéquation fine avec les besoins du marché.

Algérie et Maroc dans le premier cercle africain

L’Algérie arrive au huitième rang continental, avec 45,85 points. Le pays bénéficie d’un taux de compétences en TIC estimé à 58,48 % et d’une densité de 477 développeurs par million d’habitants. Son classement s’appuie aussi sur des fondamentaux structurels, notamment un niveau d’électrification élevé, une base universitaire importante et une intégration ancienne des technologies de l’information dans le système éducatif.

Le Maroc suit à la neuvième place, avec 43,75 points. Le royaume se distingue par sa densité de développeurs, évaluée à 1 345 par million d’habitants, soit la deuxième meilleure performance d’Afrique du Nord derrière la Tunisie. La part de la population disposant de compétences en TIC y atteint 60,86 %, là encore dans le haut du classement régional.

Avec l’Égypte, également deuxième ex æquo, l’Afrique du Nord place donc quatre pays dans le Top 10 africain. Cette présence groupée donne au Maghreb et à son voisin égyptien une visibilité particulière dans la course aux compétences liées à l’IA.

Un classement fondé sur vingt indicateurs

L’AI Talent Readiness Index attribue à chaque pays une note de 0 à 100. L’évaluation porte sur 54 États africains et repose sur 20 indicateurs regroupés en trois piliers : les compétences numériques, qui pèsent 40 % de la note finale ; les données et infrastructures, pour 35 % ; et la préparation des gouvernements à l’adoption de l’IA, pour 25 %.

Parmi les critères retenus figurent la densité de développeurs web par million d’habitants, l’accès à des formations en IA et en apprentissage automatique, la part des diplômés du supérieur, le taux de pénétration d’Internet, l’électrification, l’existence de cadres de protection des données ou encore la présence d’une stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle. La plateforme publique TalentIndex.ai confirme également le classement général 2025.

L’éducation, avantage stratégique de l’Afrique du Nord

Le rapport souligne l’avance de l’Afrique du Nord, qui affiche un score régional moyen de 38,2 points. Cette avance tient en grande partie aux investissements réalisés de longue date dans les systèmes éducatifs et universitaires. La région recense 85 établissements d’enseignement supérieur proposant des cursus liés à l’intelligence artificielle ou au machine learning.

À titre de comparaison, l’Afrique australe obtient un score moyen de 35,3 points, l’Afrique de l’Est 32,7, l’Afrique de l’Ouest 27,6 et l’Afrique centrale 19,4. Ces écarts montrent que la préparation à l’IA ne dépend pas seulement de stratégies nationales récentes, mais aussi d’infrastructures de base : électricité, connectivité, universités, données et gouvernance numérique.

Top 10 africain 2025

  • Afrique du Sud 52,15
  • Tunisie 51,80
  • Égypte 51,80
  • Kenya 49,70
  • Maurice 48,00
  • Rwanda 46,90
  • Ghana 46,50
  • Algérie 45,85
  • Maroc 43,75
  • Seychelles 42,50

Un avantage à transformer en emplois

Ce classement ne désigne pas les pays qui dominent déjà l’IA en Afrique. Il mesure plutôt leur capacité à préparer un vivier de talents, à créer les conditions d’un écosystème numérique robuste et à orienter les investissements. Disposer de développeurs, d’universités et d’infrastructures ne suffit pas si les compétences formées partent ensuite vers l’Europe, le Golfe ou l’Amérique du Nord.

Pour la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, l’enjeu est désormais de transformer cette avance statistique en emplois qualifiés, en startups solides et en projets industriels. Le Maghreb dispose d’un socle. Reste à savoir s’il saura retenir ses talents et leur offrir un marché à la hauteur de leurs compétences.

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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