Kenge : 13 morts dans le crash d’un avion de Tracep, un haut responsable militaire parmi les victimes


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Un avion de la compagnie Tracep s’est écrasé cet après-midi à Kenge, dans la province du Kwango en RDC. Les treize personnes qui se trouvaient à bord sont mortes, selon les autorités provinciales. Parmi elles figure le lieutenant-général, Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC près la Haute Cour militaire. L’appareil, en provenance de Kikwit et à destination de Kinshasa, aurait tenté à plusieurs reprises de trouver un endroit où se poser avant de s’écraser dans une parcelle.

Le ciel de Kenge s’est transformé en quelques secondes en scène de désolation. Vers 14h05, un petit avion de type Let L-410 exploité par Tracep s’est écrasé dans une parcelle de la commune de Manzawu, peu après avoir survolé la ville. À bord, aucune des treize personnes n’a survécu. Selon le vice-gouverneur du Kwango, Rémy Saki, l’appareil avait décollé de Kikwit à 13h50 en direction de Kinshasa. Un problème serait apparu alors qu’il se trouvait au-dessus de Kenge. Le pilote aurait alors multiplié les tours au-dessus de la ville, à la recherche d’un espace suffisamment dégagé pour tenter un atterrissage d’urgence.

La tentative n’a pas abouti. L’avion a finalement chuté sur une parcelle, évitant, dans sa trajectoire finale, les habitations les plus proches. Aucun décès parmi les habitants n’a été signalé par les autorités locales.

Un haut responsable des FARDC parmi les victimes

Le crash prend une dimension particulière avec la présence à bord du lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi. Auditeur général des Forces armées de la RDC près la Haute Cour militaire, il occupait depuis 2021 une fonction centrale dans la justice militaire congolaise. Le général Likulia représentait notamment le ministère public dans plusieurs procès devant la Haute Cour militaire, dont certains dossiers impliquant des officiers supérieurs des FARDC. Sa mort intervient alors que cette juridiction examine précisément plusieurs affaires sensibles liées aux opérations militaires dans l’est du pays.

Plusieurs autres militaires figuraient également parmi les passagers, aux côtés de civils. Un major et un capitaine des FARDC sont notamment cités. Le manifeste de l’appareil serait disponible, mais les autorités poursuivent encore les opérations d’identification des victimes.

Des corps calcinés, une enquête attendue

Le choc de l’impact a été suivi d’un incendie qui a entièrement embrasé l’appareil. Le corps du pilote aurait été retrouvé à l’extérieur de la carlingue, tandis que les autres victimes ont été en grande partie calcinées. Le maire de Kenge, Noël Kuketuka Mbemba, arrivé sur les lieux peu après l’accident, a évoqué une scène particulièrement difficile. Les équipes présentes devaient encore procéder à des vérifications pour établir avec certitude l’identité et le nombre des victimes.

Les autorités veulent désormais comprendre ce qui s’est passé dans les dernières minutes du vol. Le vice-gouverneur, Rémy Saki, a demandé l’arrivée d’experts en aviation depuis Kinshasa afin d’examiner l’épave et le site du crash. La présence de militaires à bord devrait également faire l’objet de vérifications, notamment concernant un éventuel transport d’armes ou de munitions. Sur ce point, les autorités se gardent pour l’heure de tirer des conclusions.

Que s’est-il passé à bord ?

La question centrale reste celle de la nature du problème qui a contraint le pilote à chercher un lieu d’atterrissage. Les premières informations parlent d’une difficulté survenue en vol, mais aucune cause technique n’a encore été officiellement établie. Une enquête devra donc déterminer les circonstances précises de l’accident : état de l’appareil, conditions de vol, éventuelle défaillance mécanique, décisions prises par l’équipage et conditions d’exploitation.

Ces éléments ne pourront être établis qu’après l’examen technique de l’épave et la collecte des données disponibles. Les précédents accidents impliquant des appareils de type Let L-410 dans la région montrent d’ailleurs l’importance d’une expertise indépendante avant toute conclusion sur les causes d’un crash.

À Kenge, vendredi soir, l’urgence était d’abord ailleurs : récupérer les victimes, les identifier et informer leurs familles. Puis viendra le temps des questions. Et elles seront nombreuses autour de ce vol qui devait relier Kikwit à Kinshasa et qui s’est brutalement achevé au-dessus de Kenge.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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