Joëlle C. est au ciel

Joëlle C. n’est plus. La musique ivoirienne est en deuil. L’une de ses figures montantes et nouvelle ambassadrice de la musique attié a été fauchée dans la nuit de jeudi à vendredi dans la fleur de l’âge.

Joëlle C. s’est éteinte, dans la nuit de jeudi à vendredi, à la polyclinique internationale Sainte Anne-Marie d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, des suites d’une insuffisance rénale, selon la télévision nationale ivoirienne. La chanteuse, qui proclamait haut et fort sa foi au point de se baptiser « Joëlle du Christ  » dans un entretien accordé à Afrik en 2004, s’en est allée comme lui, à l’âge de 33 ans. Son avenir professionnel semblait des plus radieux avec la sortie de son album Kita en mai de l’année dernière. Joëlle C. avait enflammé les foules lors de plusieurs concerts-évènements organisés pour sa promotion, et séduit le public du Marché des Arts du Spectacle africain (Masa) en août dernier. La chanteuse avait l’intention, d’après son manager, de se produire dans les mois à venir en France.

Une contribution majeure au renouveau de la musique attié

La carrière de Joëlle Yaba Séka, son vrai nom qu’elle ne gardera pas à la demande expresse de son illustre compatriote Monique Séka, démarre au début des années 90. Elle commence dans l’orchestre de l’Armée de l’air ivoirienne (GATL) où elle est choriste. Joelle C. fait également ses classes auprès de ses aînés du Tout-puissant Audiorama, ambassadeur de la musique attié (ethnie de la Côte d’Ivoire à laquelle appartient l’artiste). Elle suivait vaillamment leurs traces et avait redonné ses lettres de noblesse à une musique quelque peu tombée en désuétude. Son charme discret, son timbre vocal, son style, un mélange de musique moderne épicée des ingrédients offerts par la tradition faisaient de Joëlle C. un cocktail explosif sur scène. « Joëlle faisait le show », comme disent les Abidjanais et le public était au rendez-vous. Elle avait attendu 2002, avec un opus au titre prédestiné Prends-moi C’ l’amour, pour que les Ivoiriens fasse d’elle l’une des figures incontournables de la chanson ivoirienne. Un statut confirmé en 2004 par son Top d’or (trophée de la musique ivoirienne) de meilleur artiste dans la catégorie variété qu’elle ravit à Aïcha Koné ou Gadji Céli dont elle fut l’une des choristes.

« La mort de Joëlle C. est une grande perte pour le monde artistique », a confié Armand Gérard Obou, l’administrateur provisoire du Bureau Ivoirien du droit d’auteur (Burida), au quotidien ivoirien Soir Info.

Celle qui avait pris l’habitude, ces derniers temps, de ne s’habiller que de blanc lors de ses prestations laisse un souvenir ému à ceux qui l’appréciaient et qui étaient tombés amoureux d’une voix qui faisait frémir. Quand Joëlle C. chantait, les anges n’étaient pas loin. Maintenant, ils sont auprès de cette femme qui ne sortait de sa réserve que sur scène. Le calendrier de ses obsèques n’a pas encore été communiqué. L’artiste ivoirienne laisse derrière elle un fils.