Dieu, la musique et Joëlle C.

Après avoir été plusieurs années ignorée par le succès, Joëlle C. est révélée, en 2002, au public ivoirien et africain par son troisième opus, Prends-moi C’ l’amour. Le Top d’or de la meilleure artiste ivoirienne, dans la catégorie variété, pour l’année 2003, qui lui a été attribué voici quelques semaines, est une consécration pour cette inconditionnelle de Dieu.

Joëlle C., à l’Etat civil Joëlle Séka, débute sa carrière à l’aube des années 90 comme choriste dans l’orchestre de l’Armée de l’air ivoirienne (GATL). Elle continuera de l’être et fera ses classes dans d’autres formations musicales comme le célèbre groupe attié (ethnie de la Côte d’Ivoire), le Tout-puissant Audiorama, ou encore le King vision de Gadji Céli. Puis en 1998, elle se lance dans une carrière solo avec un premier album Yala. Elle enchaîne avec Yeka en 2000. Mais le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Il faudra attendre Prends-moi C’ l’amour (2002), pour qu’enfin le succès lui sourit. Toute menue, Joëlle C. a pourtant des allures de géante, sur scène, tant sa présence est indéniable. Normal pour celle qui adore danser. Et ce depuis toujours. Joëlle C. est aussi la mère d’un jeune adolescent de 13 ans. En attendant son prochain opus, elle revient sur sa carrière mais surtout son nouvel amour : Dieu.

Afrik.com : Peut-on dire que c’est Prends-moi C’ l’amour est l’album (troisième album) qui vous a révélée au public ivoirien mais aussi à l’Afrique ?

Joëlle C. :
C’est effectivement cet album qui m’a révélée dans en Côte d’Ivoire et dans les autres pays africains, au Congo, au Ghana, au Mali… Il a vraiment cartonné. J’aurais d’ailleurs vraiment du mal à m’en séparer.

Afrik.com : Qui est Joëlle C. ? Est-elle différente de Joëlle Séka ?

Joëlle C. :
Joëlle Seka ne connaissait pas le Seigneur. Elle n’avait pas son soutien. Aujourd’hui, c’est une fille qui a donné sa vie à Jésus Christ de Nazareth. Je ne fais rien sans le consacrer à l’Eternel. Ma vie a changé, transformée par la grâce de Dieu.

Afrik.com : Pour une artiste, pensez-vous que ce soit important d’affirmer ses convictions religieuses ?

Joëlle C. :
C’est important. C’est une façon d’évangéliser, de diffuser la parole de Dieu. Il nous dit de nous aimer les uns et les autres. Il est temps de se soutenir et de s’entraider en Côte d’Ivoire. Je fais d’ailleurs partie d’une association caritative dénommée « Association des artistes au cœur d’or ». Dieu m’a fait reprendre le dessus, à reprendre mes esprits et à supporter la souffrance sans me briser. J’ai traversé des moments difficiles. Grâce à lui, je sais que n’avance pas dans le vide surtout dans ce milieu difficile du showbiz. Il me soutient partout où je passe, où je suis. Je suis comme marquée du sceau du Seigneur.

Afrik.com : A quand le prochain album de Joëlle C. ?

Joëlle C. :
On y travaille, mais je préfère ne pas en parler. C’est une surprise. Ça ne sert à rien de faire un album pour le plaisir d’en sortir un.

Afrik.com : La musique attié est uns institution en Côte d’Ivoire avec des groupes comme le Tout-puissant Audiorama ? Pensez-vous en incarner la modernité ?

Joëlle C. :
On peut qualifier mon style de musique attié modernisé. C’est un style que je compte bien garder. Grâce à lui, la musique attié est appréciée par tous les Ivoiriens et à l’étranger. Les gens se rendent compte de tout ce qu’on peut faire avec la langue attié.

Afrik.com : Que représente pour vous ce Top d’or (de la meilleure artiste ivoirienne de variété ) que vous avez reçu récemment face à de très grandes pointures de la musique ivoirienne comme Meiway, Aïcha Koné… ?

Joëlle C. :
J’ai été la choriste de Meiway, d’Aïcha Koné, de Gadji Celi …Ce sont des maîtres qui ont aidé leurs élèves à avancer. Ils m’ont donné des conseils. Je les ai suivis et fait comme eux. Et mon travail a été récompensé.

Afrik.com : Qui sont les artistes que vous aimez ?

Joëlle C. :
Gégé Léopoldine (artiste ivoirienne, ndlr), Césaria Evora. Mon grand rêve est de rencontrer Tina Turner dont j’aime beaucoup le style.

Afrik.com : Votre sentiment sur la situation actuelle de la Côte d’Ivoire ?

Joëlle C. :
Moi, ce que j’aimerais leur (à tous les acteurs politiques, ndlr) dire, c’est d’arrêter. On a besoin de la paix pour avancer, on veut travailler. Je souhaite que le Seigneur nous aide à libérer la Côte d’Ivoire. Il faut que le film s’achève. Que le Seigneur fasse que ça passe, que l’Afrique s’unisse pour se développer comme l’Europe. Pourquoi pas ? Je sais que Dieu permettra que la Côte d’Ivoire sorte de là.

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