
Le procès du naufrage d’un bateau de migrants, qui avait coûté la vie à au moins 94 personnes en février 2023, s’est ouvert vendredi 30 janvier dans le sud de l’Italie. La catastrophe s’était produite au large de Steccato di Cutro, en Calabre, après le départ de l’embarcation depuis la Turquie. Six agents de la garde côtière et de la police financière sont poursuivis pour homicide involontaire.
Les familles des victimes et les ONG attendent des réponses sur les manquements reprochés aux autorités.
Un drame au large de la Calabre
Le naufrage s’est produit dans la nuit du 25 au 26 février 2023, à quelques mètres des côtes de Steccato di Cutro, localité située dans la région de la Calabre. L’embarcation, partie de Turquie, transportait des migrants originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Iran et du Pakistan, qui tentaient de rejoindre l’Europe. Au moins 94 personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles de nombreux mineurs, tandis qu’un nombre indéterminé de passagers restent portés disparus.
Après la catastrophe, des corps et des débris de l’épave ont été rejetés sur les plages des environs. L’événement a suscité une vive émotion en Italie et relancé le débat sur la gestion des flux migratoires en Méditerranée.
Six agents poursuivis pour homicide involontaire
Au cœur du procès figurent six officiers appartenant à la garde côtière et à la police financière italiennes. Ils sont accusés de ne pas avoir déclenché à temps les opérations de secours, alors que des signalements faisaient état d’une embarcation en difficulté. Le parquet estime que ces interventions auraient pu empêcher le naufrage ou, à tout le moins, en limiter les conséquences. Les prévenus comparaissent pour homicide involontaire. Lors de la première journée d’audience, ils ont tous indiqué leur intention de témoigner devant le tribunal.
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Des manquements des autorités en question
L’ouverture du procès relance les interrogations sur la chaîne de responsabilités institutionnelles. De leur côté, less ONG et les familles des victimes soutiennent que les autorités disposaient d’informations suffisantes pour intervenir plus tôt. Elles pointent notamment des alertes préalables sur la présence du bateau en détresse. Or, selon elles, aucun dispositif de sauvetage n’aurait été immédiatement déclenché. Pour les proches des victimes, ce procès est donc important afin d’établir les faits et d’obtenir des réponses sur les décisions prises avant le naufrage.
Un symbole des tragédies en Méditerranée
Au-delà des responsabilités individuelles, l’affaire de Cutro est devenue un symbole des drames migratoires qui se répètent en Méditerranée. Depuis plusieurs années, cette route maritime reste l’une des plus meurtrières au monde pour les migrants et réfugiés cherchant à rejoindre l’Europe. Alors que les débats judiciaires s’ouvrent à Crotone, le procès révèle les limites des dispositifs de secours et la complexité des politiques migratoires européennes, dans un contexte où les naufrages continuent de faire de nombreuses victimes.



