Isaac Sinkot (première partie) : « La VAR, je crois qu’il y a eu moins de déceptions »


Lecture 6 min.
Isaac Sinkot
Isaac Sinkot

Champion d’Afrique en titre avec le Cameroun, en 1984, en Côte d’Ivoire, l’ancien défenseur international camerounais Isaac Gilbert Sinkot alias Djasso, 67 ans, occupe désormais la présidence du Dynamo de Douala, qui évolue en 2ème division. Point focal des sélections ivoirienne et camerounaise lors de leur séjour à Douala au cours de la 33ème Coupe d’Afrique des Nations, il estime que la VAR, même si elle n’est pas exempte de tout reproche, a contribué à rétablir certaines décisions importantes.

Entretien de notre Envoyé spécial au Cameroun,

Vous avez été parmi les vainqueurs du premier titre africain pour le Cameroun, en 1984, en Côte d’Ivoire, parlez-nous un peu de votre carrière de footballeur.

Oui, je suis un ancien Lion Indomptable, champion d’Afrique en 1984, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. J’ai aussi été olympien, parce que j’ai fait les Jeux Olympiques de 1985 à Los Angeles et finaliste de la CAN en Égypte, en 1986. J’ai aussi été plusieurs fois vainqueur de la Coupe des pays d’Afrique centrale, compétition qui a disparu aujourd’hui. J’ai également plusieurs participations aux Jeux Africains, en Angola et au Kenya. Voilà ma carrière de joueur.

Vous êtes également diplômé du métier d’entraineur…

Encadreur, j’ai commencé en 1975 jusqu’en 1988. Je suis devenu tour à tour entraineur, directeur du Dynamo de Douala. Et maintenant président. Je suis entraîneur qualifié de la version FIFA futuro 1 et 2, créée par l’instance dirigeante du football mondial pour la réinsertion des anciens internationaux, par le canal de l’association cœur d’Afrique de Roger Milia. Je suis donc un entraineur plein. En dehors des diplômes internes, j’ai eu à faire accéder le Dynamo en championnat de première division A. Il n’y avait pas de championnat professionnel. Je suis allé entraîner le Port, que j’ai pris en deuxième division. On a joué la finale et nous sommes sortis champion du Cameroun pour la montée. On a joué également la finale, la même année. Ensuite, je suis revenu au Dynamo, quand ils sont descendus. Je les ai fait une nouvelle fois monter en première division, sous les inter-poules de Bafoussam.

Et vous êtes aujourd’hui le président du Dynamo de Douala ?

Oui, je suis à la tête du Dynamo depuis cinq ans, là où la ville de Douala n’avait pas de stades. Tout le temps, nous étions en déplacement. On a bien résisté la première année, nous avons loupé la montée à un match près. La seconde année, nous étions au milieu du championnat. La troisième, je crois que nous sommes sortis cinquièmes.

A lire : Ben Decca : « Les conditions sont réunies pour que les Léopards retrouvent l’élite du football camerounais »

Depuis que vous êtes là, combien de joueurs ont quitté le Dynamo de Douala pour l’Europe ?

Depuis que je suis là, on a tenté d’aider des gens croyant que ça devrait marcher. Actuellement, je peux dire que ça été mal négocié. On le faisait pour aider le joueur en question, parce qu’on n’a pas été dur par rapport au contrat. On a fait partir un en Yougoslavie, parce que son papa était là-bas. On fait partir le second, j’ai même oublié le pays. En réalité, nous avons déjà deux joueurs déjà expatriés. À l’interne, on libère tout le temps. Il y a mon fils qui vient de partir et qui était le capitaine du Dynamo. Il est parti à l’Union de Douala.

Parlons de votre fils qui vient de rejoindre l’Union de Douala. Parait-il qu’il n’était pas en de bons termes avec les dirigeants, y compris vous son père ?

Le Dynamo Douala
Le Dynamo Douala

Pas du tout. Les dirigeants, c’est qui ? C’est moi le père, le géniteur de mon enfant. Ce n’était pas une interview sonore, ils ont écrit ce qu’ils ont voulu. Ils peuvent dire tout ce qu’ils veulent, parce qu’il y a toujours de mauvaises langues. Ils sont prêts à passer par ton fils ou ton ami pour te salir. Il (Ivan Sinkot) était capitaine de l’équipe. On lui avait confié ce rôle, parce qu’il savait que j’ai de l’estime pour lui. Ayant joué, je savais déjà ce que c’est un footballeur. C’est d’ailleurs l’un des meilleurs des trois dernières saisons du Dynamo. Je crois qu’il est parmi les meilleures recrues de l’Union de Douala, cette saison. Un joueur qui a plein d’avenir. Je pense que c’était même mieux qu’il parte. Vous savez, quand vous jouez dans une équipe et que c’est le papa qui est président, c’est comme si vous bénéficiez de sa protection. En tant que capitaine, il fallait qu’il se batte, comme si c’était une affaire familiale.

Pensez-vous qu’il a suffisamment de talent au point de vous dépasser ?

Oui, il a une fois été sélectionné en équipe nationale U18. Malheureusement, il avait attrapé un paludisme, comme il est de petit gabarit. Maintenant, il a récupéré et on espère qu’il fera une grande carrière.

A lire : Entretien avec Richard Elémè : « Pourquoi le Cameroun a perdu face à l’Egypte »

Quels sont les objectifs du Dynamo de Douala ?

C’est d’aller en « classe supérieure », donc la montée. Les autres projets, c’est avoir une équipe junior et féminine, pour remplir les conditions exigées par la CAF et la FIFA. Je pense que petit à petit, on pourra y arriver, comme disait le Président (Paul Biya). Il faut y aller petit à petit… Ça coûte évidemment très cher. Mais, nous avons eu un très grand coup de pouce de la mairie de Douala, de Roger Mbassa Ndine. Nous avons perçu 10 millions FCFA, qui est un soulagement qui va booster l’équipe. Je crois que si chacun fait son travail, ça va marcher.

Quel bilan tirez-vous de la 33ème Coupe d’Afrique des Nations qui vient de s’achever au Cameroun ?

Un bilan positif. D’abord, les remerciements au Président Paul Biya, qui nous à doté de ces belles infrastructures. La fête est une réussite, parce que l’organisation a été la première victoire. On a eu une note supérieure à la moyenne. Sur le plan du jeu, personnellement, j’ai été le point focal de la Côte d’ Ivoire. Ensuite, quand la Côte d’Ivoire a été éliminée, j’ai été le point focal des Lions Indomptables, quand ils étaient ici à Douala. Ça a tellement bien marché que toutes ces équipes ont loupé de peu la réussite. Je crois que c’est un bilan positif.

Au cours de cette compétition, l’arbitrage a été très décrié, malgré l’utilisation de la VAR…

Décrié pourquoi ? Je crois qu’il y a la VAR qu’on a mis en service. Et c’est la toute première fois en Coupe d’Afrique des Nations, que sont apparus ces arbitres de vidéo. Je crois qu’il y a eu moins de déceptions. Je pense que les prochaines CAN, ça va se corriger. Les gens ne comprennent pas encore, mais ils s’adaptent petit à petit. On a gagné beaucoup de choses. Car beaucoup d’équipes auraient pu être victimes ou bénéficier de certains avantages, heureusement la VAR a aidé. Comme l’arbitrage, ce sont des êtres humains, ils ne sont pas infaillibles. Aucune œuvre humaine n’est parfaite. Au fuir a mesure, ça va se perfectionner. Tout le monde va se mettre au pas et les choses iront pour le mieux.

A lire : Raymond Kalla (première partie) : « Nouhou Tolo, un joueur qui m’a beaucoup impressionné »

Suivez Afrik.com sur Google News Newsletter