Ben Decca : « Les conditions sont réunies pour que les Léopards retrouvent l’élite du football camerounais »


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Ben Decca
Ben Decca

Figure emblématique de la musique africaine et camerounaise, Ben Decca de son vrai nom Benjamin Decca, qui a contribué à donner ses lettres de noblesse au makossa, son style musical de prédilection, ou encore de la rumba, est au service de sa communauté à Deïdo. Un homme charismatique, mais d’une simplicité sans pareil. L’artiste, musicien, chanteur et auteur-compositeur camerounais, qui a marqué plusieurs générations par ses mélodies, est aujourd’hui président des Léopards de Douala, un club mythique au Cameroun, mais qui évolue actuellement en 2ème division nationale.

Entretien de notre Envoyé spécial au Cameroun,

Pouvez-vous un peu nous dire qui est Ben Dacca ?

Je suis Ben Decca, c’est mon nom d’emprunt, parce que je suis auteur, compositeur et artiste camerounais. Je suis également le président des Léopards de Douala et je pense que vous êtes venu me voir dans ce cadre.

Parlons d’abord musique. Comment se porte l’industrie musicale camerounaise ?

Eh bien, la musique camerounaise se porte bon gré mal gré à un certain niveau. On ne peut pas dire qu’elle se porte très bien. On peut dire qu’elle est en stade de recomposition. On était déjà assez loin, il y a des choses qui ont fait en sorte que nous baissions un peu. Mais, vu le potentiel que nous avions, nous allons remonter.

Il y a eu beaucoup de polémique sur la composition de l’hymne de la CAN. Petit-Pays avait d’ailleurs beaucoup critiqué sur ses réseaux sociaux, quel est votre avis ?

Vous voyez, je suis contre le fait qu’on étale devant le grand public les différends qui peuvent exister entre Camerounais. C’est un problème camerounais, qui doit être réglé par les Camerounais. Les histoires de journaux ou de réseaux sociaux ou des histoires de l’État, parce que la CAN est une grande vitrine où nous devrions promouvoir l’image de notre pays. Même s’il y a des discordances, je pense qu’il vaut mieux les taire d’abord, pour asseoir la beauté que nous attendions. L’image positive qu’on doit donner de nos nations. Donc, je dirai tout simplement que la CAN s’est bien passée. Le reste est un problème interne aux Camerounais.

Vous êtes le président des Léopards de Douala, une équipe de 2ème division au Cameroun, parlez-nous de la formation que vous dirigez.

Je dirais que les Léopards, c’est une équipe mythique. C’est vrai que nous sommes en D2 Pro, mais régionalement parlant, nous sommes la seule équipe de la région du littoral qui est dans ce championnat. C’est déjà quelque chose de très important. La condition sine qua non pour qu’on puisse aller de l’avant, c’est que nous essayons de nouveau de taire nos différends et de penser plus à l’équipe qu’à nous-mêmes. Si on le fait, les Léopards retrouveront l’élite.

Quels sont les objectifs que vous vous fixez cette saison ?

La montée en D1. Nous sommes en train de nous donner les moyens pour y parvenir. Nous avons fait de très bons recrutements. Vu le potentiel que nous avons, les encadreurs et autres, ce que j’ai appelé le syndrome de Deïdo qui consiste à nous serrer les coudes en cas d’adversité, nous sommes tous unis, comme le but est que les Léopards montent en D1, je pense que toutes les conditions sont réunies pour que les Léopards retrouvent l’élite du football camerounais

Et si les Léopards réalisent la montée dès cette année, quels seront vos prochains objectifs ?

Je pense que si durant ma présidence j’arrive à faire monter les Léopards, je vais leur tirer ma révérence. Les Léopards, c’est une équipe qui ne m’appartient pas. Elle appartient d’abord à tous les Deïdos, c’est une équipe de Canton, de la chefferie supérieure. Je pense que la chefferie supérieure saurait quoi faire, je ne suis pas le seul Deïdo. Il y en a d’autres qui sont même peut-être plus compétents que moi à ce poste. Je ne suis pas nombriliste, aussi dire qu’après moi c’est le déluge, c’est faux. Avant moi, il y a eu des Léopards et après moi il y en aura toujours.

Le championnat professionnel camerounais répond-il aux normes du professionnalisme ?

Le football professionnel dans tous les pays du monde n’a pas été institué en une nuit. Il faut prendre son temps. Le football professionnel en Europe a combien d’années ? Ça vient d’arriver en Afrique et il faut du temps pour construire. L’essentiel est qu’on laisse les bâtisseurs travailler… Je pense que l’arrivée d’Eto’o Fils va apporter quelque chose à la Fédération camerounaise de football.

Les Léopards à l'entrainement
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