Hu Jintao veut renforcer les liens entre la Chine et l’Afrique

Assurer son approvisionnement en matières premières et décrocher de nouveaux marchés pour les entreprises chinoises. C’est indéniablement, comme pour chacune de ses visites sur le continent, le but de cette quatrième tournée africaine de Hu Jintao. Dès ce mardi, un périple conduit le président chinois en Arabie Saoudite et dans quatre pays africains : le Mali, le Sénégal, la Tanzanie et l’île Maurice.

Les dernières statistiques confirment la percée de l’empire du Milieu en Afrique. En 2008, les échanges commerciaux entre l’Empire du Milieu et le continent se sont élevés à 106,8 milliards de dollars, alors que ce chiffre s’établissait à 40 milliards en 2005. Selon le ministère chinois du commerce, les échanges entre la Chine et l’Afrique connaissent une croissance annuelle moyenne supérieure à 30%. Pour renforcer cette relation, dans un contexte de crise financière et économique mondiale, et pour concrétiser les décisions et les engagements du sommet sino-africain de Pékin de 2006, le président chinois effectue à partir de mardi, une tournée qui le mènera en Arabie Saoudite et au Mali, au Sénégal, en Tanzanie et à Maurice.

Au Mali, où il est attendu les 12 et 13 février, Hu Jintao posera avec son homologue malien, Amadou Toumani Touré (ATT), la première pierre du troisième pont de Bamako dont les travaux estimés à 22 milliards de francs CFA, seront entièrement financés par l’Empire du Milieu. Ces dernières années, les entreprises chinoises raflent, au grand dam de leurs concurrentes occidentales, les appels d’offre dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics, en raison de leurs prix très concurrentiels. Lors de cette deuxième visite d’un président chinois au Mali, après celle de Jiang Zemin en mai 1996, Hu Jintao ira également, à Kati, à 15 km de Bamako, sur le chantier d’un centre de recherches sur le paludisme offert au Mali par la Chine.

Les retrouvailles avec le Sénégal

Après ce séjour malien, Hu Jintao devrait se rendre au Sénégal les 13 et 14 février. Selon Walf Fadri, sa visite au Sénégal constitue le « nec plus ultra dans les gammes de la distinction diplomatique ». Car, il marque « l’apothéose des retrouvailles entre la Chine et le Sénégal et consacre la fin du sérieux malentendu qui avait provoqué la rupture de leurs liens diplomatiques. » A l’origine de ce malentendu, la reconnaissance, en 1996, de Taiwan par le Sénégal. Mais en 2005, les deux pays ont renoué les liens. Le 29 janvier dernier, la Chine avait même accordé au Sénégal une aide financière non remboursable d’un montant de près de 5,8 milliards de franc CFA pour le financement de divers projets d’infrastructures sportives, sanitaires et culturelles.

Des signatures d’accords de coopération dans l’Education, l’Agriculture, la Santé…, seront au menu de ce séjour de deux jours de Hu Jintao au Sénégal. Le président chinois ira visiter également le site du Nouveau Théâtre national que la Chine envisage de construire à Dakar.

Après le Mali et le Sénégal, Hu Jintao se rendra en Tanzanie, troisième producteur d’or en Afrique après l’Afrique du Sud et le Ghana. Ces dernières années, les Chinois manifestent un intérêt croissant pour l’exploitation de gisements miniers (mines aurifères, phosphates, fer, plomb, zinc, ciment,…). Ils ont remporté, l’année dernière, deux contrats d’exploration de gisements miniers en Algérie, d’une valeur totale de 5, 68 millions de dollars, rapporte African Manager. La tournée, du président chinois, s’achèvera le 17 février à Maurice.
Même si Pékin le nie souvent, les sources d’approvisionnement en matières premières restent la principale motivation de ses investissements en Afrique.

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