Le président chinois Hu Jintao en Afrique

Le président chinois, Hu Jintao, entame, ce mardi, sa troisième tournée sur le continent africain depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Cette visite vise à mettre en application les accords signés en 2006 au sommet sino-africain à Pékin. Elle le mènera, jusqu’au 10 février, dans huit pays d’Afrique, notamment le Soudan où la question sensible du Darfour devrait être abordée.

Hu Jintao, le président de la Chine s’est envolé, ce mardi, pour l’Afrique. Cette visite est la troisième depuis son accession au pouvoir en 2003. Ce déplacement s’inscrit dans le « Plan Afrique » adopté lors du sommet sino-africain de Pékin, en 2006. Cette visite le mènera, jusqu’au 10 février, dans huit pays du continent : le Cameroun, le Libéria, la Zambie, l’Afrique du sud, la Namibie, le Mozambique, les Seychelles et le Soudan. A chaque escale, il sera question de commerce, de promesses d’aide et de réaménagement de dettes.

Parmi toutes ces destinations, le Soudan est une étape capitale pour la diplomatie chinoise. Elle devra se montrer efficace sur l’épineux sujet du Darfour face au général el-Bechir, car les efforts de la communauté internationale n’ont pas été concluants.

L’Afrique est devenue l’une des principales sources d’approvisionnement en énergie de la Chine. Ces dernières semaines, M. Hu Jintao a été sommé par les Etats-Unis et le nouveau secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-moon, d’utiliser sa position de gros acheteur de pétrole soudanais pour obliger le régime de Khartoum à résoudre la crise au Darfour. Les dirigeants chinois « vont devoir prendre une décision sur cette question » a déclaré Lawrence Rossin de l’organisation américaine Save Darfour Coalition.

L’Afrique choyée par la Chine

La troisième tournée du président Hu Jintao sur le sol africain vise à approfondir les relations amicales traditionnelles entre la Chine et l’Afrique et à mettre en application des accords conclus lors du sommet de 2006, a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao. Pékin se positionne, dorénavant, en Afrique, en force rivale des anciennes puissances coloniales. La chine s’est engagée à annuler la dette de 33 pays du continent.

La chine s’est engagée à annuler la dette de 33 pays du continent et son Plan Afrique s’élève à 2 milliards de dollars de crédit acheteur à taux préférentiels. Il sert à constituer un fond de développement sino-africain, à construire une zone de coopération économique et commerciale et comporte un doublement de l’aide publique sur le développement et des prêts à taux zéro pour une durée de trois ans. Il s’inscrit dans les cinq milliards de dollars promis par M. Hu Jintao lors du sommet sino-africain.

Pour le ministère chinois du commerce, « les prêts préférentiels, fournis par la Chine, ne sont assortis d’aucune condition politique, contrairement aux pays occidentaux, qui encadrent souvent leur aide à l’Afrique par des exigences en matière de transparence ou de bonne gouvernance ». Il a affirmé que la Chine accorderait un montant de trois milliards de dollars aux pays africains, sur trois ans, pour la construction des infrastructures, l’achat de machines, d’équipements électroniques et l’édification d’usines.

D’après les chiffres des douanes chinoises, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté en 2006 de 40%, atteignant 55,5 milliards de dollars. Toutefois, tous les pays africains ne sont pas à égalité dans leurs relations avec la Chine. Si les échanges commerciaux avec l’Afrique du sud et le Soudan ont atteint, respectivement, 8,8 et 2,9 milliards de dollars l’an dernier, le Mozambique et les Seychelles, deux autres pays que visitera le président chinois, n’ont pas suscité le même attrait jusqu’à ce jour.