
Le général Mamadi Doumbouya a été officiellement investi président de la République de Guinée ce samedi, lors d’une cérémonie organisée à Conakry. Élu en décembre dernier avec plus de 86 % des suffrages, il devient le premier chef de l’État de la Ve République guinéenne, issue de la nouvelle Constitution adoptée sous la transition.
Le général Mamadi Doumbouya a franchi, ce samedi, l’étape ultime de sa transformation politique. Dans l’enceinte flambant neuve d’un stade de 55 000 places en périphérie de Conakry, l’ancien chef de la junte a été officiellement investi président de la République de Guinée. Ce sacre solennel, marqué par la présence remarquée de plusieurs dignitaires du continent, consacre le passage définitif du régime de transition vers un ordre constitutionnel nouveau, dont il est désormais la figure centrale.
Un parterre de chefs d’État pour une onction continentale
L’événement a pris une dimension diplomatique majeure avec la participation de figures clés de la sous-région, notamment le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition du Mali. La présence de représentants de l’Union africaine et de la CEDEAO souligne une volonté de normalisation après les remous diplomatiques ayant suivi le coup d’État de septembre 2021.
Pour le nouveau président, ce rassemblement de pairs est le témoignage d’une solidarité africaine retrouvée, permettant à la Guinée de porter à nouveau sa voix « dans le concert des nations ».
Une victoire électorale sans appel sous une nouvelle ère
Cette investiture fait suite à la confirmation par la Cour suprême, le 5 janvier 2026, des résultats du scrutin de décembre dernier. Élu dès le premier tour avec 86,72 % des voix, le général Doumbouya devient le premier président de la Ve République guinéenne. Ce succès s’est dessiné sous l’égide d’une nouvelle Constitution qui a non seulement allongé le mandat présidentiel à sept ans, mais a surtout levé les barrières qui empêchaient autrefois les chefs militaires de briguer la magistrature suprême.
Lors de la cérémonie, le président de la Cour suprême, Mamadou Sylla, a rappelé au chef de l’État l’importance de rester imperméable à « l’écume enivrante des rapports officiels » pour se concentrer sur les réalités sociales du pays.
Simandou 2040, le pari d’une transformation économique
Au-delà des symboles politiques, le mandat de Mamadi Doumbouya s’articule autour d’une promesse de prospérité économique. Le projet minier géant de Simandou, considéré comme le plus vaste gisement de fer au monde, est le fer de lance de sa stratégie de développement.
À travers le programme « Simandou 2040 », le président ambitionne de convertir les ressources minières en richesses humaines, en finançant l’éducation et la santé. Alors que la mise en production du site a débuté récemment, l’enjeu est de taille : transformer un pays aux ressources immenses mais où près de la moitié de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.
Les défis de l’unité et de la justice sociale
Dans son discours d’investiture empreint de gravité, le général a appelé à l’unité nationale et à une « culture politique fondée sur la compétence et l’exemplarité ». S’il promet de gouverner avec intégrité, il devra toutefois composer avec les critiques de ses opposants qui l’accusent de restreindre les libertés publiques.
Le nouveau président s’est engagé à être attentif aux aspirations de la jeunesse et des femmes, tout en luttant contre l’insécurité alimentaire qui touche encore de nombreux foyers. Le passage de l’autorité militaire à la légitimité électorale ouvre désormais une page inédite pour la Guinée.





