
La Guinée vient de dévoiler les résultats de son quatrième recensement national. Le pays compte désormais 17,5 millions d’habitants, soit une hausse spectaculaire de 70 % en douze ans. Les nouvelles données confirment une population extrêmement jeune, avec 80 % des Guinéens âgés de moins de 35 ans.
Douze ans après le dernier décompte, la Guinée dispose enfin d’une nouvelle boussole démographique. Les résultats du quatrième recensement national, rendus publics ce mercredi 25 février 2026, révèlent une transformation profonde de la société guinéenne. Avec désormais 17,5 millions d’habitants, le pays a connu une croissance spectaculaire de 70 % par rapport à 2014, où la population ne s’élevait qu’à 10,5 millions. Ce saut quantitatif s’accompagne de particularités géographiques et sociales qui vont contraindre l’État à repenser totalement son aménagement du territoire.
Un basculement démographique vers les zones minières
L’un des enseignements les plus frappants de ce recensement est le nouveau découpage de la densité humaine. Si Conakry a longtemps été le poumon incontesté du pays, elle est désormais détrônée par la région de Kankan.
Portée par l’attractivité massive des mines d’or, la région du Nord-Est culmine à plus de 4 millions d’habitants, dépassant les 3,4 millions de la capitale. Cette migration interne redessine la carte économique de la Guinée, déplaçant les besoins urgents en infrastructures vers les zones extractives où la pression sociale devient critique.
Le déséquilibre homme-femme et l’exode du Fouta-Djalon
Le recensement met en lumière des disparités de genre liées aux opportunités économiques. Dans les montagnes du Fouta-Djalon, et plus précisément dans la région de Labé, on observe un déficit marqué de la population masculine. Faute de perspectives locales, les hommes quittent massivement les hauts plateaux : on n’y dénombre plus que 77 hommes pour 100 femmes. À l’inverse, ces flux migratoires gonflent les zones urbaines dont la population a presque doublé en douze ans, atteignant 6,7 millions de citadins.
La Guinée reste l’un des pays les plus jeunes du continent : la moitié de la population a moins de 18 ans, et 80 % a moins de 35 ans. Cette pyramide des âges très large à la base constitue un défi colossal pour les politiques de santé, d’éducation et d’emploi. Bien que 60 % des Guinéens résident encore en milieu rural, la poussée urbaine rapide sature déjà les écoles, les hôpitaux et les réseaux d’eau. Pour le gouvernement, ces données fiables sont désormais le socle indispensable pour planifier les futurs investissements et corriger les inégalités régionales.
La question de la diaspora et des résidents étrangers
Il est important de noter que ce recensement se concentre exclusivement sur les personnes résidant physiquement sur le territoire guinéen, incluant les communautés étrangères. En revanche, la diaspora guinéenne, acteur économique majeur dont la taille est estimée à plus de 3 millions de personnes, n’est pas comptabilisée dans ce total de 17,5 millions.
Cette précision souligne que le poids réel de la nation guinéenne, au-delà de ses frontières, dépasse les 20 millions de personnes, un argument de poids pour les futurs partenaires techniques et financiers du pays.




