Guinée équatoriale : pourquoi le pouvoir quitte l’île de Bioko ?


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Ciudad de la Paz future capitale de la Guinée équatoriale
Ciudad de la Paz future capitale de la Guinée équatoriale

La Guinée équatoriale a officiellement transféré sa capitale de Malabo à Ciudad de la Paz, sur le continent, par décret présidentiel publié le 3 janvier. Cette décision met fin à des décennies de centralité politique sur l’île de Bioko et marque un basculement stratégique vers la partie continentale du pays. Le pouvoir justifie ce choix par la volonté de réduire l’isolement institutionnel et de mieux équilibrer le développement territorial.

C’est un changement historique pour la petite nation pétrolière d’Afrique centrale. Depuis ce samedi 3 janvier, Malabo n’est plus la capitale de la Guinée équatoriale. Par un décret présidentiel très attendu, le chef de l’État a officialisé le transfert du siège des institutions vers Ciudad de la Paz. Cette cité futuriste, sortie de terre au milieu de la jungle continentale, devient le nouveau centre névralgique d’un pays qui cherche à redéfinir sa géographie politique et économique.

L’adieu à l’isolement insulaire de Malabo

Pendant des décennies, le cœur administratif de la Guinée équatoriale battait à Malabo, une ville chargée d’histoire mais géographiquement isolée sur l’île de Bioko. Cette situation imposait des contraintes logistiques majeures, obligeant les citoyens du continent à traverser l’océan pour accéder aux services centraux de l’État.

En déplaçant la capitale dans la province de Djibloho, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo entend briser cet isolement et rapprocher l’administration des populations de la partie continentale, où se situent les principaux pôles d’activité comme la ville de Bata.

Ciudad de la Paz : une métropole née de la forêt

Anciennement connue sous le nom d’Oyala, Ciudad de la Paz est le fruit d’un projet pharaonique lancé en 2008. Érigée au cœur de la forêt équatoriale, non loin de l’aéroport de Mengomeyén, la ville déploie déjà ses tours de verre, son palais présidentiel majestueux et ses infrastructures modernes. L’ambition est claire : bâtir une ville capable d’accueillir à terme 200 000 habitants. Déjà dotée d’une université et d’un complexe hospitalier de pointe, la cité symbolise la volonté de puissance d’un pays qui a massivement réinvesti ses revenus pétroliers dans le béton et l’acier.

Si le transfert est désormais officiel sur le papier, le défi opérationnel reste immense. Le gouvernement s’est donné une année pour finaliser le déménagement de l’ensemble des ministères et des directions générales. Ce processus, extrêmement coûteux, repose presque exclusivement sur la rente pétrolière, une ressource soumise aux fluctuations des cours mondiaux. Au-delà de l’aspect financier, il s’agit de transformer une ville encore en chantier en un espace vivant et fonctionnel, capable d’attirer non seulement les fonctionnaires, mais aussi les investisseurs et la société civile.

Une vision stratégique pour l’avenir du pays

Pour le chef de l’État, au pouvoir depuis 47 ans, Ciudad de la Paz est un héritage. Le choix du site, plus central et offre un potentiel d’expansion quasi illimité contrairement à l’étroite île de Bioko. En devenant le nouveau visage de la Guinée équatoriale, Ciudad de la Paz porte l’espoir d’une modernisation accélérée et d’un État plus accessible, tout en affirmant l’ancrage définitivement continental de la nation.

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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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