
L’Éthiopie a bel et bien replongé dans la guerre. Après quelques jours d’affrontements féroces avec les troupes du TPLF, les forces fédérales et leurs alliés affirment avoir mis la main sur Alamata, une localité stratégique du sud du Tigré
Une milice tigréenne favorable au gouvernement fédéral a annoncé, ce lundi 28 septembre, la prise de la ville d’Alamata située à une quinzaine de kilomètres à l’intérieur du Tigré, sur l’axe qui mène vers Mekele, la capitale régionale. Les autorités municipales ont elles aussi affirmé que l’armée fédérale avait repris le contrôle de la ville après « d’intenses combats », même si l’information reste à confirmer officiellement.
Un verrou stratégique
La bataille autour d’Alamata porte une charge symbolique. Située à proximité de la frontière avec l’Amhara, Alamata constitue un important point de passage et un centre logistique pour les troupes, les vivres et le carburant. Son contrôle pourrait donc faciliter la progression des forces fédérales vers Mekele, située plus au nord. La ville avait déjà changé plusieurs fois de mains durant la guerre de 2020-2022.
Cette avancée importante fait suite à quelques jours de combats ayant débuté le 23 septembre 2026. Les affrontements se sont également étendus aux régions voisines de l’Amhara et de l’Afar. Le 20 septembre, plusieurs groupes armés ont rejoint une nouvelle alliance opposée au gouvernement fédéral. Depuis la reprise des combats, les communications sont fortement perturbées dans une grande partie du Tigré.
À quoi tient encore l’accord de Pretoria ?
La reprise des combats remet directement en question l’équilibre fragile issu de l’accord de Pretoria, signé en novembre 2022 après deux années de guerre particulièrement meurtrières. Le texte avait permis de faire taire les armes, sans toutefois régler toutes les questions territoriales, politiques et sécuritaires qui opposaient Addis-Abeba et le TPLF.
La situation humanitaire ajoute à l’inquiétude. Les réseaux téléphoniques et Internet restent perturbés dans le Tigré, compliquant la circulation de l’information. En février dernier, quelque 750 000 habitants de la région étaient encore déplacés à l’intérieur du pays, selon les données citées par Reuters. La prise d’Alamata, si elle est confirmée, constitue sans doute un grand pas pour les forces fédérales dans ce conflit, même si l’issue des combats semble encore lointaine.





