Good morning, Mr. President

Qui que vous soyez, et si vous tenez encore debout malgré l’épuisant marathon du décompte électoral que le monde a suivi avec vous : Good morning, Mister President ! L’Afrique vous salue. La planète entière vous souhaite la bienvenue, consciente d’accueillir avec vous le prochain gérant du nouveau désordre mondial. Elle s’interroge aussi un petit peu : on ne peut pas dire que la campagne électorale américaine ait permis de mieux connaître vos idées sur la question.

S’agissant de l’Afrique, cette campagne n’a rien eu de rassurant. Le gouverneur Bush a reconnu, une fois, que l’Afrique est  » un continent important  » – en est-il de négligeables ? – tout en considérant que l’Amérique n’y est  » pas d’intérêt vital « . Le vice-président Gore a été moins disert encore. : pas un mot digne d’être repris par les médias.

On ne court pas de risques, cependant, à gager que l’Amérique, sous votre administration, s’intéressera plus à l’Afrique qu’au temps de vos prédécesseurs, le président Clinton excepté. Ses deux visites sur le Continent, la loi sur les opportunités de croissance ont signalé la volonté votre pays de ne plus laisser les anciennes puissances coloniales exercer seules leur influence en Afrique.

13 % de vos concitoyens se disent Afro-américains. Chaque année, 100 000 Africains diplômés de l’enseignement supérieur immigrent aux Etats-Unis. Il existe un rapport entre ces deux chiffres, dans un pays où la majorité des habitants se perçoivent comme membres d’une… minorité. Ces minorités, répète-t-on ce soir, auront  » fait  » votre élection dans l’Etat-clé de Floride. Que vous soyez Démocrate ou Républicain, j’imagine que vous aurez à coeur de les écouter attentivement dans les quatre années à venir, de façon à vous éviter, en novembre 2004, la  » nail-biting night « * de cette année. Il faudra quand même faire mieux que gesticuler ou promettre.

J’aurai bien une liste de bonnes résolutions à vous soumettre… Et si vous commenciez par payer vos arriérés à l’ONU ?

* « nail-biting night » : expression américaine signifiant littéralement  » une nuit à se ronger les ongles « .

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