Le .africa échappe à l’Afrique

Le nouveau nom de domaine  » .africa  » en passe d’administrer tout le continent risque d’être acheté par une compagnie… américaine. Chez les internautes africains on crie  » Yankees go home « .

God save « .africa  » : cette nouvelle extension de nom de domaine vient d’être soumise à enregistrement par la coordination des adresses de noms de domaine des protocoles de l’Internet, Icann, par une société basée aux USA et en Australie, la société Rathbaw Computers Limited.

Selon les informations fournies par l’Icann, elle-même, le coût du nom de domaine fixé par l’instance internationale est de 50 000 dollars. Coup de sang chez les internautes et opérateurs africains. « Qui a donné à l’Icann le droit de décider unilatéralement du prix d’enregistrement « , lit-on dans le forum de l’Instance.

Nouvelle colonisation

Au journal sud-africain The Business Day, le montant attribué à  » .africa  » est vécu comme  » une nouvelle forme de colonisation  » car il exclut beaucoup d’opérateurs africains du processus. Le quotidien économique note que si on  » voulait décourager les compagnies africaines « , on ne s’y prendrait pas autrement. A moins que cette appropriation dénote un nouvel intérêt des sociétés internationales, en dépit de  » la faible pénétration d’Internet sur le continent « , s’interroge le Business Day.

Pour Vincent Hamm, directeur de Rathbaw, l’achat du nom de domaine  » .africa « , aura  » un impact positif sur l’économie de l’Afrique dans les 10 prochaines années « .  » Cela permet aux individus et aux organisations de tous types de prendre leur place dans la communauté Internet « , fait-il valoir dans les colonnes du même journal.

Car derrière ce simple nom de domaine, c’est l’émergence d’un e-commerce panafricain et la possibilité pour les pays les plus pauvres d’accéder à la Toile à moindres prix qui est en jeu. C’est dire si les Sud-africains qui constituent la majorité écrasante de la Net économie sur le Continent noir, n’ont pas du tout – mais alors, pas du tout – l’intention de se laisser confisquer le magot par une compagnie du Colorado.

D’ores et déjà l’Association pour une communication progressiste (APC), basée à Johannesbourg, a manifesté son souhait de s’opposer au  » coup de force  » de Rathbaw.