Ghana Property & Lifestyle Expo : 10 ans fêtés à Londres


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Ghana Property & Lifestyle Expo
Ghana Property & Lifestyle Expo

Les 16 et 17 octobre, le Business Design Centre de Londres a accueilli la dixième édition anniversaire du Ghana Property & Lifestyle Expo. Lancé en 2016 par deux sœurs de la diaspora, ce salon est devenu au fil des ans un rendez-vous régulier des Ghanéens de l’étranger en quête d’un pied-à-terre au pays. Il s’est tenu alors qu’Accra cherche à orienter vers l’investissement productif l’argent envoyé par sa diaspora.

Une affaire de famille partie de Londres

Derrière l’initiative se trouvent Anna et Victoria Agyekum, cofondatrices de l’agence londonienne On Point Property Management. Né à Londres en 2016, le projet devient un salon annuel dès 2017, puis traverse l’Atlantique avec une première édition à Atlanta en 2018. La pandémie de Covid-19 le fait basculer en ligne, avant une étape à Accra, son marché cible, en 2023, puis un retour aux États-Unis, à Washington, l’année suivante. Une édition prévue à Dubaï en avril 2026 a en revanche été annulée par les organisateurs en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans la région.

Cette édition jubilaire avait été lancée début septembre au Haut-Commissariat du Ghana à Londres, en présence de la haute-commissaire Sabah Zita Benson, qui y a prononcé le discours principal, et de la députée travailliste Bell Ribeiro-Addy. Organisé en partenariat avec le Haut-Commissariat, le salon annonçait cette année 44 exposants et 16 intervenants. Promoteurs, institutions bancaires, organismes de crédit hypothécaire, juristes et agences publiques y côtoyaient un « Lifestyle Pavilion » agrandi, consacré aux marques ghanéennes et africaines de mode, de beauté, d’artisanat, de décoration ou de gastronomie, ainsi qu’au tourisme.

Parmi les invités officiels figuraient la maire d’Islington, Rosaline Ogunro, et Diana Afriyie Addo, responsable du commerce et de l’investissement au Haut-Commissariat. La banque Absa Bank Ghana était le partenaire bancaire officiel de l’événement, aux côtés de trois promoteurs, Jolly Homes, Landmark Homes et Clifton Homes. Le promoteur Goldkey Properties, présent depuis les débuts du salon, est revenu lors d’une conférence sur dix ans de ventes à une clientèle de la diaspora devenue centrale pour le secteur. L’Autorité nationale d’identification (NIA) tenait également un stand pour délivrer la Ghana Card, la carte d’identité biométrique, aux visiteurs éligibles.

La pierre, valeur refuge de la diaspora

En 2025, les membres de la diaspora ghanéenne ont transféré près de 7,8 milliards de dollars vers leur pays d’origine, contre 4,6 milliards l’année précédente. Ces flux privés dépassent désormais nettement les investissements directs étrangers (IDE), estimés à environ 2,5 milliards de dollars sur la même période, d’après le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Pandit Asiama.

Si la majeure partie de ces envois alimente encore la consommation courante des ménages, la banque centrale cherche à en réorienter une fraction vers l’investissement avec son initiative Remit2Invest, lancée en avril aux États-Unis, et prépare des obligations destinées à la diaspora ainsi que des fonds de placement collectif. L’immobilier demeure néanmoins le premier réflexe : bâtir ou acheter « au pays », c’est préparer sa retraite tout en affichant sa réussite sociale. Partenaire bancaire du salon, Absa Bank Ghana propose à cette clientèle des prêts immobiliers couvrant jusqu’à 90 % du prix du bien en cédis, et 80 % pour un achat en devises.

Accra cherche également à toucher les Afro-descendants issus de la traite transatlantique. Dans le sillage de la campagne « Year of Return » lancée en 2019, 150 personnes ont encore obtenu la nationalité ghanéenne lors d’une cérémonie officielle en mars 2026. Le salon s’adressait à eux autant qu’aux Britanniques d’origine ghanéenne.

La question des capitaux de la diaspora devrait rester d’actualité à Londres cette semaine : le président John Dramani Mahama doit ouvrir le 21 octobre le sommet Afrique du Financial Times, dont la première journée est notamment consacrée à la mobilisation des capitaux domestiques.

Sécuriser l’achat face au risque d’arnaque foncière

Acheter à distance expose la diaspora à des dérives fréquentes comme les ventes multiples d’une même parcelle, les faux titres de propriété ou les détournements d’acomptes. Pour assainir le secteur, le Land Act de 2020 a durci les sanctions et la rédaction de chaque acte de cession doit obligatoirement être réalisée par un avocat qualifié. Les acquéreurs qui n’ont pas la nationalité ghanéenne ne peuvent pas prétendre à la pleine propriété : la loi limite leurs droits à un bail de 50 ans au maximum, dont le renouvellement n’est pas automatique, sauf clause expresse du contrat.

Avant tout versement, les professionnels conseillent de faire une recherche officielle auprès de la Lands Commission et de mandater son propre avocat, inscrit au barreau ghanéen. Sur place, un intermédiaire de confiance doit pouvoir inspecter le terrain ou le bâtiment. Quant aux paiements, ils ne devraient jamais partir vers un compte personnel ou par Mobile Money.

Les organisateurs du salon en ont fait leur principal argument en promettant des interlocuteurs « de confiance » et des conférences consacrées au droit foncier, au financement transfrontalier et aux vérifications juridiques préalables. Ils revendiquent aussi plus de 100 millions de dollars de transactions immobilières facilitées en dix ans.

Prochaine étape : Accra

Événement : Ghana Property & Lifestyle Expo 2026, édition Accra

Dates et horaires : vendredi 18 et samedi 19 décembre 2026, de 10 h à 18 h

Lieu : Alisa Hotel, North Ridge, Accra

Accès : inscription préalable via le site ghanapropertyexpo.com

Zainab Musa
LIRE LA BIO
Zainab Musa est une journaliste collaborant avec afrik.com, spécialisée dans l'actualité politique, économique et sociale du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest. À travers ses enquêtes approfondies et ses analyses percutantes, elle met en lumière des sujets sensibles tels que la corruption, les tensions géopolitiques, les enjeux environnementaux et les défis de la transition énergétique. Ses articles traitent également des évolutions sociétales et culturelles, notamment à travers des reportages sur les figures influentes du Maroc et de l’Algérie. Son approche rigoureuse et son regard critique font d’elle une voix incontournable du journalisme africain francophone.
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