Femmes PDG en Afrique : Mary Vilakazi reste numéro un, la marocaine Naziha Belkeziz première du Maghreb


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Mary Vilakazi et Naziha Belkeziz
Mary Vilakazi et Naziha Belkeziz

Mary Vilakazi conserve la tête du classement 2026 des femmes dirigeant les plus grandes entreprises africaines cotées. Mais derrière cette première place, le palmarès révèle surtout le poids de l’Afrique du Sud et des services financiers. La Marocaine Naziha Belkeziz se classe cinquième et devient la première dirigeante non sud-africaine de la liste.

Le sommet du pouvoir économique féminin africain reste solidement installé à Johannesburg. Pour la deuxième année consécutive, Mary Vilakazi, directrice générale de FirstRand, arrive en tête de la liste publiée par Africa.com. Le groupe financier sud-africain, qu’elle dirige depuis 2024, affiche 8,58 milliards de dollars de revenus selon les données retenues par le classement.

Mais dans ce classement, les quatre premières dirigeantes du palmarès travaillent toutes en Afrique du Sud. Derrière Mary Vilakazi figurent Mpumi Madisa, à la tête du conglomérat Bidvest, Mpumi Zikalala, directrice générale du groupe minier Kumba Iron Ore, puis Jeanette Marais, qui dirige le groupe financier Momentum.

Naziha Belkeziz, première dirigeante hors d’Afrique du Sud

Il faut attendre la cinquième position pour voir apparaître un autre pays. La Marocaine Naziha Belkeziz, PDG de la Banque Centrale Populaire depuis novembre 2024, occupe cette place avec 2,87 milliards de dollars de revenus. Elle devance de peu la Nigériane Adaora Umeoji, directrice générale de Zenith Bank, créditée de 2,83 milliards de dollars.

Le top 10 est complété par les Sud-Africaines Bertina Engelbrecht, à la tête de Clicks, et Felicia Msiza, chez Raubex, ainsi que par la Kényane Jane Karuku, directrice générale d’East African Breweries, et la Tanzanienne Ruth Zaipuna, patronne de NMB Bank.

Au total, six des dix premières places reviennent à l’Afrique du Sud. Cette domination reflète à la fois la profondeur de la Bourse de Johannesburg, la taille des groupes qui y sont cotés et l’avance prise par certaines grandes entreprises sud-africaines dans l’accès des femmes aux fonctions exécutives. Sur les 39 dirigeantes de sociétés cotées retenues dans la première catégorie, douze sont sud-africaines.

FirstRand place trois femmes au cœur du pouvoir

Le cas FirstRand constitue le fait le plus marquant de cette édition. Pour la première fois dans l’histoire du groupe, des femmes dirigent ses trois principaux centres de pouvoir avec Mary Vilakazi au niveau du groupe, Lytania Johnson chez FNB et Emrie Brown chez RMB. Les deux dernières apparaissent dans la deuxième catégorie du classement, consacrée aux dirigeantes de grandes divisions ou filiales.

La finance demeure d’ailleurs l’un des secteurs où se concentre le pouvoir économique féminin sur le continent : FirstRand, Momentum, Banque Centrale Populaire, Zenith Bank et NMB Bank occupent ainsi cinq des dix premières places si l’on regroupe banque, assurance et services financiers.

La tendance se retrouve au-delà du premier cercle, avec des dirigeantes à la tête de FCMB et Fidelity Bank au Nigeria, de Diamond Trust Bank au Kenya, d’Ecobank Ghana, de Zambia National Commercial Bank ou encore d’Absa Bank Botswana.

Une percée encore minoritaire

Pour établir son palmarès, Africa.com explique avoir examiné plus de 1 500 entreprises cotées sur les différentes places boursières africaines, à partir de données Bloomberg. La liste est répartie en trois catégories avec les patronnes de sociétés cotées, les dirigeantes de grandes divisions ou filiales et les responsables des activités africaines de multinationales.

Cette visibilité ne doit cependant pas être confondue avec la parité. Un rapport publié en 2025 par l’initiative Sustainable Stock Exchanges des Nations unies et la Société financière internationale estimait que les femmes n’occupaient en moyenne que 8 % des postes de direction générale sur les dix marchés africains étudiés. Elles étaient davantage présentes dans les conseils d’administration ou aux fonctions financières que dans les postes disposant du plein pouvoir exécutif.

Le classement 2026 confirme la percée d’une génération de dirigeantes qui contrôlent désormais des banques, des groupes miniers ou des multinationales de premier plan et dont Mary Vilakazi en est la figure la plus visible. Mais cette avancée reste concentrée dans quelques pays et quelques secteurs, l’Afrique du Sud en tête. La faible diversité géographique du sommet du classement en dit long sur le chemin qui reste à parcourir.

Zainab Musa
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Zainab Musa est une journaliste collaborant avec afrik.com, spécialisée dans l'actualité politique, économique et sociale du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest. À travers ses enquêtes approfondies et ses analyses percutantes, elle met en lumière des sujets sensibles tels que la corruption, les tensions géopolitiques, les enjeux environnementaux et les défis de la transition énergétique. Ses articles traitent également des évolutions sociétales et culturelles, notamment à travers des reportages sur les figures influentes du Maroc et de l’Algérie. Son approche rigoureuse et son regard critique font d’elle une voix incontournable du journalisme africain francophone.
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