
La Marine marocaine a intercepté au large de Dakhla une pirogue transportant 201 migrants subsahariens qui tentaient de rejoindre les îles Canaries. Dix-huit Sénégalais, dont deux femmes et un enfant, se trouvaient à bord. Cette opération intervient quelques jours après l’interception d’une autre embarcation partie de Gambie, avec 193 migrants, dont 75 Sénégalais. Elle survient alors que le Maroc et l’Espagne font face à de nouvelles opérations migratoires dans la région, après l’arrivée massive de migrants à Ceuta fin juillet.
Dix-huit Sénégalais figurent parmi les 201 migrants interceptés samedi par des unités de la Marine marocaine au large de Dakhla, dans le sud du Maroc, selon les autorités marocaines rapportées par l’Agence de presse sénégalaise (APS). La pirogue avait quitté la Gambie et se dirigeait vers les îles Canaries, territoire espagnol situé au large de l’Afrique de l’Ouest. La composition de l’embarcation comprenait 144 Guinéens, 21 Gambiens, 18 Sénégalais, 11 Ivoiriens et cinq Maliens.
Une deuxième interception en quelques jours
Parmi les ressortissants sénégalais se trouvaient deux femmes et un enfant. La pirogue a été interceptée à environ 185 kilomètres au sud-ouest de Dakhla par des unités de la Marine royale marocaine. Selon l’état-major général des Forces armées royales marocaines, les personnes interceptées ont été ramenées au village de pêche de Roc-Chico, situé à environ 190 kilomètres au sud-ouest de Dakhla. Les migrants ont reçu les soins nécessaires à bord avant d’être remis à la Gendarmerie royale pour les procédures administratives prévues par les autorités marocaines.
Cette opération fait suite à l’interception, mercredi, d’une autre pirogue également partie de Gambie. Cette embarcation transportait 193 candidats à l’émigration irrégulière, dont 75 ressortissants sénégalais, selon une source diplomatique citée par l’APS. Les deux opérations ont ainsi concerné 394 migrants, parmi lesquels au moins 93 Sénégalais. Le consulat général du Sénégal à Dakhla a annoncé l’envoi d’une mission au centre d’accueil de Bir-Guindouz, situé à environ 300 kilomètres au sud de Dakhla, afin de procéder à l’identification des Sénégalais interceptés.
Ceuta : plus de 72 000 arrivées fin juillet
Le consulat prévoit également de leur fournir des produits d’hygiène ainsi que des cartes et puces téléphoniques. Selon le consul général du Sénégal à Dakhla, 251 Sénégalais se trouvaient par ailleurs dans les centres d’accueil de Bir-Guindouz et d’Argoub dans l’attente d’un retour volontaire au Sénégal. Leur rapatriement terrestre devait être effectué après l’obtention d’une autorisation de transit de la Mauritanie. Le consulat et l’ambassade du Sénégal au Maroc travaillaient également avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur la possibilité d’un rapatriement par voie aérienne.
Les interceptions au large de Dakhla interviennent dans un contexte migratoire marqué par l’arrivée massive de migrants à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc. Le 30 juillet, plus de 72 000 personnes ont franchi la frontière entre le Maroc et Ceuta, selon des données citées par Reuters. Au moins 82 décès ont été recensés du côté espagnol et 14 du côté marocain. La grande majorité des personnes entrées à Ceuta sont ensuite reparties vers le Maroc.
Renforcement des contrôles autour de Ceuta
Fin août, entre 5 000 et 8 000 migrants se trouvaient encore dans l’enclave espagnole, selon les autorités citées par Reuters. Une partie d’entre eux était installée dans des campements de fortune, notamment sur la plage de Trampolín. Après les arrivées massives de juillet, les autorités marocaines ont renforcé les dispositifs de sécurité autour de Ceuta. Le 15 août, plusieurs centaines de migrants ont été empêchés de rejoindre l’enclave. Les autorités marocaines ont annoncé l’arrestation de 294 personnes.
Il s’agit de 46 Marocains et 248 ressortissants subsahariens, ainsi que 61 personnes soupçonnées de faciliter les tentatives de passage. Le 28 août, l’Espagne a demandé l’aide de Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, pour renforcer les opérations de traitement et d’identification des migrants présents à Ceuta. Madrid a également demandé le déploiement de dix agents supplémentaires de Frontex pour participer au contrôle et à l’enregistrement des arrivants.
La route des Canaries toujours utilisée
Les deux pirogues interceptées au large de Dakhla avaient un même point de départ, la Gambie, et une même destination annoncée, les îles Canaries. Cette route maritime relie les côtes de l’Afrique de l’Ouest à l’archipel espagnol situé dans l’Atlantique. Le 27 août, les autorités mauritaniennes avaient également intercepté une embarcation partie de Banjul, en Gambie, avec 161 migrants à bord, dont 17 enfants. Les passagers étaient originaires notamment du Sénégal, de la Guinée et de la Gambie et se dirigeaient vers les Canaries.
Les interceptions de Dakhla et de Mauritanie interviennent ainsi dans une même période de départs d’embarcations depuis la Gambie à destination de l’Espagne. À Dakhla, les autorités marocaines ont pris en charge 201 personnes samedi, après une première interception de 193 migrants quelques jours auparavant. À Ceuta, les autorités espagnoles et marocaines poursuivent parallèlement les opérations de contrôle après l’arrivée massive enregistrée fin juillet.




