
Une vingtaine de Togolais ont posé le pied à Lomé, dimanche 30 août, après avoir quitté l’Afrique du Sud dans le cadre d’une opération de retour volontaire entièrement prise en charge par l’État togolais.
Ils vivaient jusque-là en Afrique du Sud. Ils ont finalement fait l’option de regagner leur pays, le Togo. À leur arrivée à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, ces ressortissants togolais ont été accueillis par des responsables du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’Extérieur. Selon les autorités togolaises, cette opération répond aux difficultés rencontrées par certains compatriotes pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour en Afrique du Sud, mais aussi à la recrudescence des violences visant les étrangers. Ce retour n’est donc pas présenté comme une expulsion. Il s’agit d’une démarche volontaire destinée à permettre à des Togolais qui le souhaitent de quitter un environnement devenu particulièrement incertain.
Un climat qui inquiète
L’Afrique du Sud traverse depuis plusieurs mois une nouvelle période de fortes tensions autour de l’immigration. Des groupes anti-immigration accusent les étrangers de peser sur l’emploi, les services publics et la sécurité, tandis que des mouvements organisent des contrôles informels et des actions contre les migrants.
La situation a pris une dimension suffisamment grave pour attirer l’attention des Nations unies. Dans une alerte publiée le 27 août, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a fait état d’au moins quatre migrants tués et de 50 000 personnes déplacées depuis le début de l’année. L’organisation évoque également des enlèvements, des pillages, la destruction de commerces appartenant à des étrangers et des expulsions illégales de logements.
Le problème ne se limite toutefois pas aux violences de rue. Les difficultés administratives jouent elles aussi un rôle important. Les retards dans la délivrance ou le renouvellement des documents d’identité et des visas placent certains migrants dans une situation de vulnérabilité, avec le risque de perdre leur emploi, leur logement ou leur accès à certains services. Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa a, de son côté, assuré que les forces de sécurité enquêtaient sur les violences visant les étrangers et que les responsables identifiés seraient poursuivis.
Les Togolais, après d’autres Africains
Les Togolais ne sont pas les seuls Africains à avoir choisi de rentrer. Depuis plusieurs mois, le Nigeria, le Ghana, le Malawi, le Zimbabwe et le Mozambique ont également organisé ou facilité le retour de leurs ressortissants. L’ampleur du phénomène est considérable. Les autorités sud-africaines ont indiqué avoir procédé à plus de 77 000 rapatriements de ressortissants étrangers sans papiers au 3 août, auxquels s’ajoutent les procédures classiques d’expulsion. Le Malawi a, à lui seul, enregistré le retour de dizaines de milliers de ses ressortissants. Plus de 56 000 personnes étaient ainsi rentrées dans le pays à la mi-août, après plusieurs mois de tensions et de mobilisations en Afrique du Sud.
Regardant Lomé, la question qui s’invite désormais dans le débat est de savoir si le retour de dimanche ouvrira la porte à d’autres rapatriements. Pour l’instant, les autorités togolaises n’ont pas précisé combien de compatriotes pourraient encore souhaiter rentrer. Comment le gouvernement togolais peut-il s’assurer de la protection des ressortissants du pays qui choisissent de rester en Afrique du Sud ? Car il y a des travailleurs, des familles et des entrepreneurs africains installés depuis parfois plusieurs années mais qui sont concernés par le problème des titres de séjour. Cette situation rend compte des difficultés réelles auxquelles sont confrontés les ressortissants africains en Afrique du Sud, un pays qui reste pourtant l’une des principales destinations économiques du continent.





