
La montée des violences xénophobes en Afrique du Sud inquiète l’Afrique de l’Ouest. Réunis à Lungi, en Sierra Leone à l’occasion de leur 69ᵉ session ordinaire, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont condamné les attaques visant les ressortissants africains et exigé des autorités sud-africaines des mesures immédiates pour mettre fin à ces violences. En marge de cette session, le Ghana et le Nigeria ont appelé à une réponse continentale ferme contre Pretoria.
La CEDEAO condamne les attaques contre les Africains en Afrique du Sud
Les violences xénophobes qui secouent de nouveau l’Afrique du Sud se sont invitées au sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Réunis le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation régionale ont exprimé leur « profonde préoccupation » face aux attaques contre les personnes d’ascendance africaine, en particulier les ressortissants ouest-africains.
Dans le communiqué final de sa 69ᵉ session ordinaire, la Conférence des chefs d’État a condamné ce qu’elle qualifie de « phénomène récurrent » et dénoncé le traitement jugé indigne infligé aux citoyens ouest-africains vivant en Afrique du Sud.
La CEDEAO a exhorté Pretoria à « maîtriser immédiatement la situation » et à mettre en œuvre des solutions durables afin d’assurer la sécurité et la protection des ressortissants ouest-africains ainsi que de l’ensemble des citoyens africains résidant dans le pays.
Le Ghana et le Nigeria plaident pour une réponse continentale
En marge du sommet, les ministres des Affaires étrangères du Ghana et du Nigeria ont affiché une position encore plus ferme.
Les deux pays ont convenu de coordonner leurs efforts diplomatiques afin de protéger les migrants africains établis en Afrique du Sud et de porter la question devant les instances de l’Union africaine.
Accra et Abuja estiment que la multiplication des violences, des discours de haine et des actes d’intimidation à l’encontre des ressortissants africains constitue une menace pour l’idéal d’intégration continentale.
Selon les deux capitales, si l’Afrique du Sud ne parvient pas à enrayer durablement ces violences, des mesures collectives devront être envisagées à l’échelle du continent, en commençant par une mobilisation de la CEDEAO.
Les deux ministres ont également dénoncé l’afrophobie, l’intolérance et toutes les formes de discrimination visant des citoyens africains sur le territoire sud-africain. Le Ghana et le Nigeria n’excluent pas de militer pour des sanctions strictes, voire pour l’isolement de l’Afrique du Sud à l’échelle continentale, si les autorités de Pretoria ne trouvent pas de solution durable face aux violences xénophobes.
Une question portée devant l’Union africaine
La CEDEAO a décidé d’appuyer l’initiative du Ghana visant à inscrire cette question à l’ordre du jour du prochain Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.
L’objectif est d’ouvrir un débat continental sur la recrudescence des violences xénophobes et d’aboutir à une réponse concertée impliquant l’ensemble des États membres.
Pour les dirigeants ouest-africains, les attaques répétées contre des migrants africains mettent à l’épreuve les principes de solidarité, de libre circulation et d’unité qui fondent les ambitions de l’intégration africaine.
Cette nouvelle mobilisation intervient alors que plusieurs épisodes de violences contre des commerçants et travailleurs étrangers ont ravivé les tensions en Afrique du Sud, un phénomène qui, depuis plusieurs années, affecte particulièrement les communautés originaires du Nigeria, du Ghana, du Zimbabwe, du Mozambique, de la Somalie ou encore de l’Éthiopie. Ces dernières semaines, le Nigeria, le Ghana, le Mozambique ont rapatrié leurs ressortissants de l’Afrique du Sud et ont exprimé leur mécontentement.




