Gabriel Mwènè Okoundji , un fils du village Okondo à l’honneur en Gironde

La ville de Villenave-d’Ornon a braqué ses projecteurs sur le poète franco-congolais, Gabriel Mwènè Okoundji, lauréat du Grand Prix de la littérature d’Afrique noire, édition 2010*, distinction obtenue pour l’ensemble de son œuvre.

Loin de l’effervescence des déballages sur les pratiques de la françafrique, le monde littéraire avide de poésie, s’est donné rendez-vous le Jeudi 22 septembre, au Parc Sourreil, en présence de Gisèle Bouanga-Kalou, conseiller culturel à l’ambassade du Congo en France, de Patrick Pujol, maire de Villenave-d’Ornon, de Philippe Loiseau, consul honoraire du Congo à Bordeaux et de Bernard Chaumont, vice-consul. Le poète franco-congolais Gabriel Mwènè Okoundji a reçu les honneurs de la ville de Villenave-d’Ornon.

L’événement était de taille. Depuis la création de ce prix en 1960, de Guy Menga en 1969 à Gabriel Mwènè Okoundji 2010, en passant par Henri Lopès et Emmanuel Dongala récompensés deux fois, neuf Congolais ont eu l’honneur de recevoir ce prix. En tant que poète, Gabriel Mwené Okoundji, est le troisième, après Frédéric Titinga Pacéré (1982) et Léopold Sédar Senghor (1996).

Représentant l’ambassadeur Henri Lopès empêché, Gisèle Bouanga-Kalou a rendu hommage au poète en ces termes : « nous rendons hommage à celui qui ne s’est pas égaré dans l’atlantique et qui est resté habité par son pays ; l’homme qui nous réunit ce soir nous rappelle que la France et le Congo ont une histoire commune qui les rend proches malgré la distance grâce au français qu’ils ont en partage… ».

Pour le consul, « L’homme et ses œuvres sont uniques…ses œuvres se bonifient avec le temps. Soudés par une solide amitié, Bernard Chaumont et moi-même, veillons à cette évolution » a t-il confié. Aucun doute, le travail du poète est balisé par un accompagnement et appui de taille de la part du Consulat à Bordeaux, et de l’attention culturelle des municipalités environnantes et au-delà. Ses œuvres sont traduites en anglais, en occitan et bientôt en roumain.

Patrick Pujol a rappelé combien sa ville était fière de ce citoyen, psychologue clinicien des hôpitaux, chargé de cours à l’université de Bordeaux, poète. Et de poursuivre, « au-delà de vous rendre hommage, je voudrais célébrer en même temps ce lien qui nous lie avec le peuple congolais, si éloigné géographiquement mais si proche du cœur… Je vous remets la médaille de la ville pour votre engagement citoyen et culturel». Visiblement ému, le poète a remercié l’assistance : « vos propos remuent mon cœur de bonheur. J’en suis ému… et je tiens à saluer toutes les initiatives du service culturel de Villenave-d’Ornon ». Sans qu’une faille n’intervienne entre le passé et le présent, il s’est mu en poète-mémoire, se souvenant qu’il est un dépositaire, un intermédiaire de messages reçus des ancêtres. Ceux-ci, au fil des années, se sont convertis de la mémoire archive à la mémoire devoir. Le devoir de transmettre un passé actualisé comme dans son ouvrage « Prières aux ancêtres ».

Un bel hommage où chacun était dans le giron de la poésie car, selon le poète, « la vie est douloureuse aux frontières de la poésie. Soyez attentifs à la parole qui est en vous. Soyez heureux comme nous le sommes ce soir… » a-t-il conclu.

En guise d’intermède, le public a eu droit aux chants de gospel, à des poèmes en français lus par le poète lui-même. Suivirent les lectures de deux poèmes en roumain par la traductrice Marilena Lica-masala, dont un spécialement dédié au poète. Le verre de l’amitié dans la pure tradition du Sud-ouest a clos les festivités.

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