Gabon : plusieurs partis de l’opposition dans le collimateur du gouvernement

Les partis politiques de l’opposition regroupés au sein de l’Union des forces du changement (UFC), excepté l’UPNR de Louis Gaston Mayila, ont violé samedi l’esprit du document du ministère de l’Intérieur, leur donnant l’autorisation de tenir un meeting au carrefour Rio, à Libreville, en accordant une tribune aux responsables de l’ex Union Nationale. Ces partis risquent la suspension ou la dissolution, selon le communiqué du gouvernement.

(De notre correspondant)

Le document du ministère de l’Intérieur qui autorisait aux partis politiques de l’opposition de tenir leur meeting samedi avait une restriction. Les leaders de l’Union Nationale (UN) dissoute en 2011 ne devaient pas prendre la parole au cours de cette rencontre. Cette injonction n’a pas été respectée. Ce qui a provoqué l’ire du ministre de lIintérieur, Jean François Ndoungou, qui a réagi le même jour, dans une déclaration officielle, en condamnant le comportement des cadres de l’opposition.

« Le gouvernement prend à témoin, l’opinion nationale et internationale sur ces agissements qui participent de la volonté d’une frange de compatriotes à installer le chaos dans notre pays », précise le communiqué du ministère de l’Intérieur. « Le gouvernement ne se laissera pas distraire. En conséquence, le ministre de l’Intérieur se réserve le droit d’appliquer à tous les partis politiques, organisateurs ou connus complices de cette organisation, les dispositions de la loi (…), qui portent sur la suspension et la dissolution », ajoute le même texte. Le gouvernement serait donc en droit, conforment à ces textes de lois, de dissoudre ou de suspendre toutes les formations politiques qui ont participé à l’organisation de ce meeting.

Rappelons que Louis Gaston Mayila, président en exercice de l’UPNR et de l’alliance pour le changement et la restauration (ACR, regroupement de 7 partis), s’est désolidarisé quelques minutes avant la tenue de cette rencontre politique de l’opposition avec ses camarades. Il n’a pas pris part à ce meeting, dans le souci de respecter l’injonction du gouvernement qui ne voulait pas voir les cadres de l’ex UN prendre la parole au cours de cette rencontre. Il s’est dit « trahi » par ses confrères, mais a tout de même affirmé que lui et son parti demeurent dans l’Union des forces du changement, née le 8 septembre à Mouila. Cet incident laisse transparaitre malgré les déclarations de M. Mayila la fragilité de l’unité de l’opposition gabonaise.

On attend à Libreville la réaction du gouvernement. Mais il ne sera pas surprenant que le ministre de l’Intérieur ne mette pas ses menaces à exécution, dans le souci de préserver la paix sociale. On voit mal les autorités gabonaises prononcer en ce moment la dissolution de plus de 10 partis de l’opposition. Ce serait jeter de l’huile sur le feu.

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