
Un léger mais significatif réaménagement est intervenu au sommet de l’État béninois. À la suite des élections législatives du 11 janvier 2026 et de l’installation de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont choisi de siéger à l’Assemblée nationale du Bénin. Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 18 février 2026, le Président Patrice Talon a entériné ces départs et mis en place des mesures transitoires afin d’assurer la continuité de l’action gouvernementale.
A trois mois de la fin du mandat du Président Patrice Talon, deux ministres nouvellement élus députés se sont délestés de leur portefeuille au gouvernement au profit de leur siège au Parlement.
Deux départs vers l’Hémicycle
Les deux ministres concernés sont Éléonore Yayi Ladékan, jusque-là ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et Jean-Michel Abimbola, patron du Tourisme, de la Culture et des Arts. Élue députée, Éléonore Yayi Ladékan a été désignée présidente de la Commission de l’éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales, l’une des cinq commissions permanentes du Parlement. Cette nomination lui confère un rôle stratégique dans l’examen des textes liés aux politiques éducatives, culturelles et sociales, des secteurs qu’elle connaît bien pour les avoir pilotés depuis l’exécutif. Son départ marque ainsi une transition du pouvoir réglementaire vers le pouvoir législatif, tout en maintenant une influence sur les orientations publiques.
Jean-Michel Abimbola, également élu député, quitte pour sa part le gouvernement après avoir conduit plusieurs chantiers liés à la valorisation du patrimoine culturel et au développement du tourisme. Son choix de siéger au Parlement s’inscrit dans la dynamique institutionnelle issue des élections et renforce la représentation de profils expérimentés au sein de la nouvelle législature. Un parlement qu’il avait déjà quitté pour le gouvernement en 2011, sous le régime du Président Boni Yayi.
Des intérims pour garantir la continuité
Afin d’éviter toute rupture dans la gestion des affaires publiques, le chef de l’État, Patrice Talon, a procédé à une redistribution provisoire des portefeuilles. L’intérim du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est confié au ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin.
Le portefeuille du Tourisme, de la Culture et des Arts est, quant à lui, confié à titre intérimaire à la ministre de l’Industrie et du Commerce, Alimatou Shadiya Assouman. Également élue députée lors des législatives, elle a néanmoins choisi de rester au gouvernement pour achever le mandat en cours tout comme le ministre d’État, Abdoulaye Bio Tchané. Ce choix illustre la souplesse institutionnelle permise par le système béninois : les ministres élus députés peuvent opter pour l’une ou l’autre fonction, selon leurs priorités politiques et stratégiques.
Une équipe resserrée, sans nouvelles nominations
Le réaménagement acté le 18 février ne s’accompagne d’aucune nouvelle nomination. L’architecture gouvernementale est modifiée sans être profondément remaniée. L’équipe compte désormais 17 ministres pour la gestion de 21 portefeuilles, certains responsables cumulant provisoirement plusieurs attributions. Ce choix traduit une volonté de stabilité à l’approche de la fin du mandat présidentiel. Plutôt que d’engager un remaniement d’ampleur, l’exécutif privilégie une gestion transitoire, limitant les changements structurels tout en maintenant le fonctionnement régulier des départements concernés.
Au total, l’installation de la dixième législature ouvre une nouvelle séquence politique au Bénin. L’arrivée au Parlement de personnalités issues du gouvernement contribue à renforcer l’expertise technique au sein des commissions permanentes. Ce double mouvement – départs vers le législatif et maintien stratégique à l’exécutif – illustre une transition institutionnelle maîtrisée. À quelques mois de la fin du régime, l’accent est mis sur la continuité, la stabilité et l’équilibre entre les pouvoirs.




