Gabon : 33 manifestants de l’opposition écopent d’un an de prison ferme

Le tribunal de Libreville a statué jeudi sur le sort de 41 manifestants de l’opposition, accusés d’être responsables des émeutes du 15 août dans les quartiers Cocotiers et Nkembo, à Libreville. Trente-trois de ces prévenus ont écopé d’un an de prison, dont six avec sursis pour trouble à l’ordre public et destruction de biens d’autrui.

(De notre correspondant)

Douze mois de prison dont six avec sursis. C’est le verdict prononcé jeudi matin par le tribunal de Libreville contre les manifestants de l’opposition, qui ont bravé la police le 15 août dans les quartiers Cocotiers et Nkembo, voulant forcer l’organisation d’un meeting d’André Mba Obame, interdit la veille par le ministère de l’Intérieur. Ils avaient saccagé des magasins et incendié plusieurs véhicules, au cours des échauffourées avec les forces de l’ordre.

Cinq autres prévenus interpelés sur les lieux le même jour ont été relaxés. Ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment, selon le tribunal. Un mineur de dix-sept ans inculpé dans cette affaire a, lui, été transféré au tribunal pour enfants, alors que trois Camerounais arrêtés également sur les lieux des émeutes ont été condamnés pour défaut de carte de séjour.

Le verdict des manifestants a été jugé trop sévère par les avocats de la défense, mais il s’inscrit dans la cadre de la lutte contre la délinquance, l’incivisme et le vandalisme, selon le procureur de la République, Sidonie Flore Ouwè. « Aucun quartier, aucun arrondissement, aucune commune, aucun département de la capitale n’échappera à l’autorité de la loi. Nous allons frapper au cœur de la délinquance, quelle que soit son origine et ses acteurs ou auteurs, qu’elle soit juvénile, sénile, force restera à la loi », avait-elle averti il y a quelques semaines.

Rappelons que le 30 août, sept autres émeutiers des quartiers Cocotiers et Nkembo avaient écopé de douze mois de prison dont six de prison ferme. Ils ont été condamnés pour « dégradation des biens d’autrui et vol ».

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