Gabon : conférence nationale ou partage du pouvoir ?

Depuis bientôt deux mois, un pan de l’opposition gabonaise, incarné par l’ex Union nationale, est monté au créneau pour revendiquer l’organisation d’une conférence nationale souveraine et la suspension des institutions républicaines suivie d’élections générales. Le parti au pouvoir juge la tenue d’un tel forum inopportun. Mais que cherchent réellement les leaders de l’opposition par ces revendications ?

(De notre correspondant)

Après avoir été défaits lors des élections législatives de 2011 largement remportées par le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), les leaders de l’opposition gabonaise cherchent à revenir aux affaires. André Mba Obame, qui vient de rentrer au pays, après onze mois d’exil médical leur a servi le plat de résistance, en relançant l’idée de l’organisation d’une conférence nationale souveraine pour résoudre la crise politique, sociale et économique que traverse le pays. Les opposants sont rejoints dans cette demande par une partie de la société civile.

Mêmes les émeutes des quartiers Cocotiers et Nkembo du 15 août, suivies de l’emprisonnement des manifestants ne font pas reculer les cadres de l’ex Union nationale et leurs camarades politiques, qui vont se retrouver à Muoila du 7 au 9 septembre pour décider d’une déclaration commune et peaufiner de nouvelles stratégies, en vue de défendre leur idée de la conférence nationale.

Une conférence nationale peu probable

Selon certains analystes politiques, les anciens cadres du parti au pouvoir, passés à l’opposition depuis la mort d’Omar Bongo Ondimba en 2009, entre autres, André Mba Obame, Jean Eyeghé Ndong, Casimir Oyé Mba, nourrissent des ambitions secrètes et l’organisation de la conférence nationale souveraine qu’ils réclament ne serait qu’un prétexte pour revenir aux affaires. En effet, cette rencontre que réclame l’opposition devrait être suivie d’élections générales, ainsi, Ali Bongo Ondimba, président de la République, mais aussi les députés et sénateurs devraient remettre leur mandat en jeu.

De plus, les partisans de la conférence nationale souhaitent, au terme de ces assises, une période de transition avec un gouvernement d’union nationale. Selon certaines indiscrétions, André Mba Obame devrait être le Premier ministre de ce gouvernement de transition, alors que Marc Ona Essangui de Brainforest (ONG environnementale) devrait occuper le poste de ministre de l’Environnement.

Mais les barons du parti au pouvoir ne semblent pas réceptifs à cette idée. L’actuel président de l’Assemblée nationale du Gabon, Guy Nzouba Ndama disait à ce propos, il y a quelques jours, sur les antennes de Gabon Télévision que « le temps du partage du pouvoir est révolu », rejetant en bloc l’idée de la tenue de la conférence nationale.

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