Gabon : naissance de l’Union des forces pour le changement

Les leaders d’une vingtaine de partis de l’opposition, entre autres l’UPG, l’UPNR, le CDJ, le PDS, le PDG et l’UN, réunis à Mouila du 7 au 9 septembre 2012 ont décidé de fusionner leurs forces et de mettre en place un parti unique dénommé : l’Union des Forces pour le Changement (UFC), sans préciser le fonctionnement de ce regroupement de formations politiques. Ils entendent ne plus disperser leurs énergies face à la machine du pouvoir.

(De notre correspondant)

Le Forum politique de l’opposition qui s’est tenu à Mouila du 7 au 9 septembre a laissé apparaitre la volonté des cadres de ce pan de la classe politique nationale à fusionner leurs forces, en vue de faire face au parti démocratique gabonais, au pouvoir depuis plus de 40 ans. C’est dans ce sens que Louis Gaston Mayila et ses camarades politiques sont tombés d’accord pour la création d’un regroupement de partis baptisé : l’Union des Forces du Changement (UFC). Si les démons de la division ne viennent plus saper l’esprit des accords de Mouila, il est probable que l’opposition présente un seul candidat à la prochaine présidentielle et à toutes les autres consultations électorales.

L’objectif de l’opposition est de faire bloc face « à un pouvoir sourd aux doléances et aux sollicitations du peuple ». Il s’agit pour les opposants d’aboutir à long terme à « une alternance démocratique du pouvoir politique ». Ils dénoncent entre autres la misère du peuple, les intimidations, les menaces et la « répression aveuglée et systématique du pouvoir », le chômage et le désarroi de la jeunesse, ainsi que la recrudescence des crimes rituels, l’interdiction de l’opposition à avoir accès aux médias de services publics et « la répression quasi-systématique du conseil national de la communication sur les organes de presse proches de l’opposition ». Ils affirment que c’est le système du PDG, au pouvoir depuis plus de 40 ans qui est responsable de « la défiguration et de la destruction » du Gabon et de ses populations.

Pour parvenir à l’alternance politique démocratique, les partis de l’opposition réunis au forum de Mouila ont exigé du pouvoir actuel, l’organisation d’une conférence nationale souveraine et la mise en place d’autres mesures devant assurer la transparence électorale. Ils ont par ailleurs réclamé la réhabilitation de l’Union Nationale « injustement » dissoute.

Dans leur déclaration de Mouila, les leaders de l’opposition ont lancé l’appel au peuple, pour une mobilisation totale, en vue des changements attendus. La ville, d’Albert Schweitzer, Lambaréné, dans le moyen-Ogooué, sera la prochaine étape de la caravane de l’opposition, qui compte sillonner les 9 provinces du pays.

Le Parti démocratique gabonais a, pour sa part, manifesté à Mouila son soutien au président Ali Bongo. Rappelons que le Gabon est sous tension depuis le retour au pays de l’opposant André Mba Obame. Depuis bientôt deux mois, l’ex Union nationale est montée au créneau pour revendiquer l’organisation d’une conférence nationale souveraine et la suspension des institutions républicaines suivie d’élections générales.

Lire aussi :

 Ces députés gabonais que le PS n’avait pas invités…

 Gabon : le gouvernement s’attaque à la vie chère

 Gabon : conférence nationale ou partage du pouvoir ?