Gabon : Marie Madeleine Mborantsuo, gardienne de la Constitution ou de la famille Bongo ?

Au Gabon, Marie Madeleine Mborantsuo a changé la Constitution, permettant ainsi à Ali Bongo, malade et absent du pays pour longtemps, de garder son fauteuil de président de la République. Dès lors, une question taraude les esprits : Mborantsuo défend-elle la Constitution ou les intérêts de la famille Bongo ?

La Constitution du Gabon a été modifiée, pour ne pas dire taillée sur mesure et ainsi permettre au Président Ali Bongo Ondimba, terrassé par un accident vasculaire cérébral, qui lui a valu près d’un mois d’hospitalisation à Riyad en Arabie Saoudite, avant son transfèrement à Rabat au Maroc, de conserver son fauteuil. Cela a été rendu possible grâce à l’intervention de la présidente de la Cour Constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo.

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En effet, le mercredi 14 novembre 2018, sur requête du Premier ministre, Mme Mborantsuo a évité la vacance du pouvoir, en indiquant qu’« en cas d’indisponibilité temporaire du Président, certaines fonctions peuvent être exercées, selon le cas, soit par le vice-président de la République, soit par le Premier ministre ». Modification qui a permis d’éviter la vacance du pouvoir. Car, en cas de vacance du pouvoir, la présidente du Sénat devrait assurer un intérim avant l’organisation d’une élection présidentielle, dans un délai maximum de 60 jours.

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En clair, s’il n’y avait pas eu l’intervention de Mborantsuo, le Gabon serait actuellement à l’heure de la campagne électorale en vue de une Présidentielle, car bientôt deux mois, donc 60 jours qu’Ali bongo est malade et absent de son pays. Puisque son attaque a eu lieu le 24 octobre 2018, alors qu’il devait participer à une conférence en Arabie Saoudite.

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Présidente de la Cour Constitutionnelle, par ailleurs ancienne maîtresse du père d’Ali Bongo Ondimba, l’ancien chef de l’Etat du Gabon, Omar Bongo, avec qui elle a eu deux enfants, Marie Madeleine Mborantsuo a ainsi modifié la Constitution et permis à Bongo-Fils de rester au pouvoir. Suffisant pour se demander si Mme Mborantsuo défend la Constitution gabonaise ou les intérêts de la famille Bongo.