Gabon : l’opposition réclame la démission d’Ali bongo et Pierre Claver Maganga Moussavou

Huit candidats à la présidentielle, réunis lundi, à Libreville, au siège de l’Union gabonaise pour la démocratie (UPG), ont exigé la démission de deux ministres candidats : Ali Bongo, investi par le Parti gabonais démocratique (PDG) et reconduit, le 22 juillet, au poste de ministre de la Défense dans le gouvernement de transition de Biyogué Mba; et Pierre-Claver Maganga Moussavou, celui de l’Enseignement technique et président du Parti social démocratique (PSD, majorité).

Notre correspondant au Gabon

Une dizaine de partis de l’opposition et huit candidats à la présidentielle du 30 août, réunis lundi au siège de l’union du peuple gabonais (UPG, opposition), ont réclamé la démission au sein du gouvernement Paul Biyoghé Mba des ministres-candidats à l’élection présidentielle, notamment Ali Bongo Ondimba, à la défense nationale et Pierre Claver Maganga Moussavou qui détient le portefeuille de l’enseignement technique.

Ils redoutent, comme l’a déclaré le président du Congrès pour la démocratie et la justice Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé, qu’Ali Bongo Ondimba profite de sa position pour «disposer des services de renseignements qui peuvent lui livrer à tout moment des éléments dont il a besoin sur les autres candidats »

Pierre Claver Maganga Moussavou a indiqué qu’il démissionnerait le 14 août prochain, après le baccalauréat technique. «Avant que la campagne ne commence, je partirai », a-t-il déclaré lundi soir à la presse. Ali Bongo Ondimba n’a, par contre, pas commenté la revendication de l’opposition. Il devrait présenter son équipe de campagne jeudi.

Le ministre de la Communication invoque la loi

Vendredi dernier, pour tenter de prévenir cette polémique dont les premiers feux avaient été allumés par l’opposition dès le 23 juillet, la ministre de la Communication, Laure Olga Gondjout, a expliqué que le gouvernement actuel était celui du parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), auquel appartient Ali Bongo Ondimba, candidat officiellement désigné à l’élection présidentielle. Selon elle, ce dernier étant en parfaite harmonie avec les textes du parti, rien ne saurait expliquer son départ du gouvernement.

Elle a ajouté que le corpus législatif gabonais n’empêche pas à un candidat à l’élection présidentielle d’exercer une fonction gouvernementale, justifiant alors la présence d’Ali Bongo Ondimba et de Pierre Claver Maganga Moussavou au sein du nouveau gouvernement. Un gouvernement dont ont été exclus les candidats dissidents du PDG, notamment l’ancien Premier ministre Jean Eyeghé Ndong et le précédent patron du ministère des Mines, Casimir Oyé Mba, ainsi que l’ex-ministre de l’Intérieur, André Mba Obame.

Mme Gondjout a expliqué que ces derniers se sont exclus eux-mêmes du parti et se sont portés candidats à l’élection présidentielle, sans étiquette politique, démissionnant en même temps de leurs fonctions gouvernementales, parfois sous les feux de la presse nationale et internationale.

Si ces propos du ministre de la Communication traduisent le point de vue du gouvernement, cet appel des partis de l’opposition qui réclament la démission de Pierre Claver Maganga Moussavou et surtout d’Ali Ben Bongo de l’actuel gouvernement, pourraient bien n’être qu’un coup d’épée dans l’eau.