
Éliminé dès le premier tour de la Coupe d’Afrique des Nations, le Gabon a vécu un revers sportif aux conséquences politiques immédiates. Les autorités ont annoncé la suspension de l’équipe nationale et la dissolution du staff technique. Elles pointent des manquements jugés graves. Deux cadres historiques, Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga, ont été officiellement écartés.
Le passage à l’an 2026 s’est fait dans une atmosphère électrique au Gabon, mais pas pour les raisons espérées. Ce qui devait être une fête du football continental s’est transformé en un véritable traumatisme national. Après une élimination piteuse dès le premier tour de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le gouvernement gabonais a décidé de frapper fort, très fort. Entre suspension de l’équipe nationale et bannissement des cadres historiques, le football gabonais entre dans une zone de turbulences inédite.
Des sanctions radicales annoncées en direct
La défaite de trop, concédée mercredi soir face à la Côte d’Ivoire (2-3), a agi comme l’étincelle sur une poudrière. Moins de vingt-quatre heures après ce troisième revers consécutif, le ministre des Sports par intérim, Simplice-Désiré Mamboula, est apparu sur les écrans de Gabon Télévisions pour une allocution aux allures de tribunal. Qualifiant la prestation des joueurs de « déshonorante », il a annoncé la dissolution immédiate du staff technique et la suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre.
L’onde de choc ne s’arrête pas là. Le gouvernement a nommément désigné les responsables de ce naufrage aux yeux de l’État : Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga. Les deux piliers des Panthères sont officiellement mis à l’écart. Cette décision radicale sonne comme un divorce brutal entre la nation et ses icônes, après des années de services au sein de la sélection.
Le constat sévère du président de la Transition
Cette reprise en main musclée par le pouvoir politique n’est pas une surprise totale. Déjà le 28 décembre, après la défaite contre le Mozambique, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait exprimé son exaspération. Le chef de l’État avait alors pointé du doigt une « absence de méthode », une « dispersion des ressources », mais surtout une « érosion préoccupante de la fibre patriotique ».
Pour les autorités, le problème ne serait donc pas uniquement tactique ou physique, mais moral. Le gouvernement semble vouloir profiter de ce naufrage sportif pour opérer un grand ménage et refonder une identité nationale autour de la sélection. En attendant, le Gabon se retrouve sans équipe représentative sur la scène internationale, une situation rarissime qui témoigne de la gravité de la crise.
La défense d’Aubameyang face aux critiques
Retenu par son club de l’Olympique de Marseille avant même le dernier match de groupe, Pierre-Emerick Aubameyang n’est pas resté silencieux face à ce qu’il perçoit comme une injustice. Sur les réseaux sociaux, le capitaine gabonais a tenté de recadrer le débat, affirmant que les maux du football gabonais sont bien plus structurels qu’on ne veut bien le dire. Pour l’attaquant phocéen, les défaillances de l’équipe sont « bien plus profondes » que sa simple implication personnelle.
Alors que le joueur s’apprête à disputer le Trophée des Champions avec l’OM le 8 janvier prochain, son avenir en sélection nationale semble désormais s’écrire en pointillés. Si cette mise à l’écart se confirme sur le long terme, c’est l’une des carrières les plus emblématiques du football africain qui pourrait s’achever sur une note amère. Pour le Gabon, l’heure est désormais à l’introspection : comment reconstruire une équipe sur les cendres d’un tel désastre, et surtout, avec quels visages ?




