
La Guardia Civil espagnole a annoncé, ce mardi 11 août 2026, le démantèlement, à Gran Canaria, d’un réseau soupçonné d’avoir recruté des mineures étrangères non accompagnées dans des centres d’accueil pour les transférer vers l’Espagne continentale et la France. Deux victimes ont été secourues et quatre autres mineures ont été empêchées de quitter leur centre.
Les autorités espagnoles ont annoncé le démantèlement d’un réseau spécialisé dans le recrutement de jeunes migrantes hébergées dans des centres de protection des Canaries. L’organisation aurait ciblé des mineures originaires d’Afrique subsaharienne placées sous la protection des services espagnols avant d’organiser leur déplacement vers d’autres territoires.
Deux victimes secourues, quatre départs empêchés
Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, le réseau opérait principalement depuis l’île de Grande Canarie. Ses membres sont accusés d’avoir facilité la sortie de mineurs étrangers non accompagnés des structures d’accueil et d’avoir organisé leur transfert vers l’Espagne continentale et la France. L’opération menée par la Guardia Civil a permis de secourir deux victimes et d’empêcher quatre autres mineures de quitter leurs centres d’accueil.
Les autorités espagnoles ont procédé à cinq arrestations, dont celle d’un mineur, et effectué cinq perquisitions sur l’île de Grande Canarie. Les enquêteurs accusent le réseau d’avoir utilisé de faux documents ou des documents volés pour permettre aux jeunes migrantes de quitter les centres de protection et de voyager. Certaines d’entre elles auraient ensuite été soumises à une exploitation sexuelle en Espagne continentale ou en France.
Des départs depuis les centres d’accueil
L’enquête a débuté après le retour en Espagne d’une jeune migrante précédemment prise en charge par les autorités de Gran Canaria. Revenue de France, elle a expliqué aux policiers avoir été recrutée sur la base d’une proposition d’emploi. À partir de ce premier témoignage, les enquêteurs ont identifié d’autres situations concernant des jeunes filles ayant quitté les centres d’accueil sans récupérer leurs documents.
Les investigations ont permis de retrouver la trace de certaines d’entre elles sur des vols à destination de l’Espagne continentale. La Guardia Civil a ensuite identifié un dispositif destiné à organiser les déplacements de ces mineures. Les autorités espagnoles indiquent que le réseau leur fournissait notamment des documents falsifiés ou volés afin de faciliter leurs déplacements hors des structures de protection.
La question des mineurs migrants à Ceuta
L’opération s’est déroulée à Gran Canaria et a donné lieu à plusieurs perquisitions. Les autorités n’ont pas précisé publiquement le nombre total de victimes susceptibles d’avoir été recrutées par le réseau ni la durée exacte de ses activités. Cette affaire intervient alors que l’Espagne fait face à une importante situation migratoire à Ceuta, après les arrivées massives enregistrées fin juillet depuis le Maroc.
Selon les chiffres cités par le gouvernement espagnol, environ 72 000 personnes ont franchi la frontière au cours de cette période. Une grande partie de ces personnes serait ensuite retournée au Maroc. Le gouvernement espagnol indiquait toutefois que 1 342 mineurs étrangers non accompagnés se trouvaient encore à Ceuta vendredi, plusieurs d’entre eux étant hébergés dans des conditions précaires, selon les informations communiquées.
Une enquête menée par la Guardia Civil
Les autorités espagnoles doivent ainsi gérer la présence de nombreux mineurs arrivés sans accompagnateur, alors que les structures de protection sont fortement sollicitées. La situation de ces jeunes constitue également un enjeu pour les services chargés de leur identification, de leur hébergement et de leur protection.
Dans l’affaire de Gran Canaria, les cinq personnes arrêtées doivent être entendues dans le cadre de la procédure judiciaire. Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’ensemble des personnes impliquées et d’identifier d’éventuelles autres victimes. Les autorités espagnoles ont présenté l’opération comme une action contre un réseau exploitant la vulnérabilité de mineures étrangères non accompagnées.




