
Le gouvernement espagnol dépêche, ce mardi 11 août 2026, plusieurs ministres à Ceuta, après les arrivées massives de migrants et la saturation des dispositifs d’accueil. La visite intervient également alors que des sources sanitaires et judiciaires ont signalé plusieurs cas présumés d’agressions sexuelles visant des mineures arrivées depuis le Maroc.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, se rend, ce mardi, à Ceuta avec la ministre de la Défense, Margarita Robles, et plusieurs membres du gouvernement. Cette visite intervient après les événements migratoires survenus aux abords de la frontière et doit permettre aux autorités espagnoles d’évaluer les dispositifs de sécurité et de prise en charge déployés dans la ville.
Madrid défend la coopération avec le Maroc
La délégation gouvernementale doit notamment examiner le fonctionnement de la chaîne de commandement et les infrastructures mobilisées pour contrôler la frontière. La prise en charge des mineurs constitue également un volet important de cette visite, alors que les structures locales d’accueil font face à une forte pression. José Manuel Albares a mis en avant le rôle joué par la coopération entre Madrid et Rabat dans la gestion des arrivées.
Le ministre espagnol a déclaré que les forces marocaines étaient intervenues dès les premières heures pour empêcher de nouvelles arrivées et organiser les retours conformément aux protocoles établis entre les deux pays. Cette déclaration intervient alors que le gouvernement de Pedro Sánchez est interpellé par l’opposition espagnole sur la gestion de la crise migratoire à Ceuta. Madrid présente la coopération sécuritaire avec le Maroc comme un élément de son dispositif de contrôle des flux migratoires.
Des cas présumés d’agressions sexuelles signalés
Dans le même temps, les autorités locales doivent gérer l’arrivée d’un nombre important de migrants et de mineurs. Les capacités d’hébergement destinées aux enfants et adolescents ont été fortement sollicitées, conduisant le gouvernement espagnol à rechercher la participation d’autres communautés autonomes. La situation des mineures arrivées à Ceuta fait également l’objet d’alertes sanitaires et judiciaires.
Des sources médicales ont indiqué que l’hôpital universitaire de la ville avait pris en charge plusieurs jeunes filles après des agressions sexuelles présumées. Selon ces sources, au moins cinq filles âgées de moins de 14 ans auraient été prises en charge après des faits présumés de viol. Toutes étaient arrivées à Ceuta depuis le Maroc. Des sources judiciaires ont également fait état d’autres situations compatibles avec des agressions sexuelles présumées, dont certaines n’auraient pas donné lieu à une plainte.
Les structures d’accueil sous pression
La Police nationale espagnole a ouvert une enquête concernant au moins une mineure arrivée à Ceuta lors de la mobilisation migratoire. Des examens médicaux ont fait apparaître des lésions compatibles avec une agression sexuelle. Les autorités n’ont, à ce stade, communiqué ni sur l’identité d’un éventuel suspect ni sur les circonstances précises dans lesquelles les faits se seraient produits.
Susana Ascaso, médecin aux urgences de l’hôpital universitaire de Ceuta, a confirmé la prise en charge de jeunes filles migrantes après des agressions présumées. Elle a également signalé les difficultés rencontrées pour orienter certaines mineures vers des structures d’hébergement adaptées. Le manque de places disponibles dans les centres d’accueil pour mineurs constitue l’un des problèmes signalés par les professionnels intervenant auprès des migrants.
Adolescentes isolées en dehors du dispositif de protection
Des organisations de protection de l’enfance ont également alerté sur la vulnérabilité particulière des adolescentes isolées qui restent en dehors du dispositif de protection. Les autorités espagnoles poursuivent parallèlement les opérations d’identification et d’orientation des mineurs arrivés à Ceuta.
La visite de José Manuel Albares, Margarita Robles et des autres membres du gouvernement doit permettre d’évaluer les réponses apportées à cette situation, sur les plans sécuritaire, administratif et humanitaire. Les investigations concernant les agressions sexuelles présumées se poursuivent également. Aucune conclusion judiciaire définitive n’a, à ce stade, été rendue publique concernant ces affaires.




