
À l’approche de la 89ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), dont la partie publique se tiendra à Dakar du 12 au 21 octobre, AfricTivistes lance une consultation auprès des citoyens, militants et défenseurs des droits humains du Sahel. Une synthèse de leurs préoccupations et recommandations sera préparée à destination de la Commission.
L’organisation panafricaine de civic tech, basée à Dakar, a annoncé le 17 septembre le lancement de cette consultation. Elle s’appuie sur plusieurs de ses réseaux, notamment Sahel Activistes, Sahel Résilience et les CitizenLabs, pour recueillir des récits de terrain et des recommandations.
Espace civique et droits numériques au programme
Dans son communiqué, AfricTivistes décrit une situation marquée, dans plusieurs pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, par de profondes transformations politiques et institutionnelles ainsi que par un rétrécissement de l’espace civique. L’organisation souligne les restrictions aux libertés publiques, les difficultés liées à la participation citoyenne et les défis croissants auxquels font face les défenseurs des droits humains.
La consultation portera sur les libertés fondamentales, les droits numériques, l’accès à l’information, la protection des populations et l’accès aux mécanismes africains de protection des droits humains. Les contributions suivront une grille en cinq temps : constat, préoccupation, réponse existante, lacunes et recommandations. AfricTivistes veut ainsi identifier les solutions déjà en place et ce qui leur manque, au-delà du seul recensement des problèmes.
Une session qui coïncide avec les 40 ans de la Charte
La clôture de la session, le 21 octobre, coïncidera avec le quarantième anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Adoptée en 1981 à Nairobi par l’Organisation de l’unité africaine, la Charte est entrée en vigueur le 21 octobre 1986. Cette date est célébrée comme la Journée africaine des droits de l’homme. Installée en 1987, la CADHP est chargée de promouvoir et de protéger les droits inscrits dans la Charte, ainsi que d’interpréter celle-ci.
La 89ᵉ session a commencé par une partie privée, organisée en ligne du 21 septembre au 1ᵉʳ octobre. Sa partie publique se déroulera à Dakar du 12 au 21 octobre. Elle sera précédée du Forum des ONG, prévu dans la capitale sénégalaise du 8 au 10 octobre à l’initiative du Centre africain pour la démocratie et les études des droits de l’homme (ACDHRS).
Dans le sillage d’une première consultation
La démarche prolonge une consultation citoyenne panafricaine en ligne conduite dans le cadre du Charter Project Africa. Entre 2021 et 2024, AfricTivistes a mené, au sein de ce projet, des actions destinées à favoriser la ratification, l’appropriation et la mise en œuvre de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Ainsi, la consultation abordait notamment la liberté d’expression, le respect des constitutions, la limitation des mandats présidentiels et la place des jeunes et des femmes dans les institutions politiques. D’après le bilan de l’organisation, elle a recueilli plus de 60 contributions en français et en anglais. Elle a aussi donné lieu à cinq webinaires, puis à un rapport de synthèse.
Cette fois, la collecte passera par des webinaires, des consultations communautaires, des campagnes numériques et la plateforme de consultation d’AfricTivistes. Une synthèse des principales préoccupations et recommandations sera ensuite préparée à destination de la CADHP. À Dakar, AfricTivistes prévoit un espace de restitution et de dialogue avec la Commission, la société civile, les militants et des représentants des communautés.




