
L’arrondissement de Hay El-Hassani à Casablanca est le lieu d’un drame familial. Selon les premiers éléments de l’enquête, un médecin aurait jeté sa fille de cinq ans du quatrième étage d’un immeuble résidentiel. Ce geste serait survenu à la suite d’un différend avec son ex-épouse. L’homme a été rapidement interpellé par la police et une enquête judiciaire est désormais ouverte.
Les faits se sont déroulés en soirée lundi 19 octobre et ont choqué les riverains. La dispute s’est envenimée lors d’un appel téléphonique entre le père et la mère de la victime. Le suspect bénéficiait d’un droit de visite hebdomadaire accordé par le tribunal, mais refusait de ramener la fillette à l’heure convenue. Cette retenue illégale de l’enfant a déclenché une confrontation verbale à distance, puis la situation a basculé.
De la dispute téléphonique au drame : l’escalade d’une vengeance
Au cours de cet échange, le suspect aurait précipité la fillette dans le vide. Un autre élément de l’affaire concerne le caractère prémédité ou non du traumatisme infligé à la mère. Le père aurait filmé la scène avant d’envoyer la vidéo à son ex-épouse, accompagnée de ce message, rapporte le quotidien Assabah : « Tu veux ta fille ? Je te l’ai jetée. Prends-la. ». En état de choc, la mère a abandonné son véhicule en pleine voie pour courir vers les lieux du drame. La fillette a succombé à ses blessures en raison de la violence de l’impact.
Alertés en urgence, les services de police et la Protection civile sont intervenus pour sécuriser le périmètre et procéder aux premières constatations. Le suspect est resté dans son appartement jusqu’à son arrestation, sans résister. Le procureur général du roi ordonné le transport de la dépouille à la morgue pour une autopsie. Les enquêteurs de la police judiciaire s’emploient à reconstituer la chronologie de ces faits et le mis en cause sera prochainement présenté au procureur général du Roi près la cour d’appel de Casablanca pour répondre de ses actes.
En 2014 déjà, à Marrakech, une jeune femme de 17 ans avait été défigurée à la lame de rasoir par son mari pour avoir demandé le divorce.
Une réforme de la Moudawana toujours en attente
Selon Assabah, le père disposait, en vertu d’une décision de justice, d’un droit de visite d’une journée par semaine. C’est le cadre habituel prévu par le Code de la famille de 2004, toujours en vigueur car quand les parents ne s’entendent pas, l’article 182 confie au tribunal le soin de fixer les périodes de visite, leur durée et leur lieu.
Ce cadre devait évoluer. En décembre 2024, le roi Mohammed VI a validé 139 propositions de l’instance chargée de réviser la Moudawana. La garde y devient un droit partagé entre les deux parents pendant le mariage, qui peut se prolonger après la séparation si ceux-ci s’entendent. La mère divorcée la conserve même en cas de remariage, et de nouvelles règles doivent encadrer la visite et les déplacements de l’enfant. Le projet de loi n’a pourtant pas été adopté avant la fin de la législature 2021-2026. Le lundi 19 octobre, jour du drame de Hay El-Hassani, la nouvelle cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, s’est engagée devant le Parlement à poursuivre cette réforme.





