Croissance : l’Afrique garde la cadence, mais l’Afrique du Sud reste à la traîne


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Croissance économique
Croissance économique

L’Afrique subsaharienne devrait croître de 4,5 % en 2026, nettement plus vite que l’économie mondiale, selon les nouvelles prévisions du FMI. Derrière cette moyenne se cachent toutefois des écarts considérables : plusieurs économies d’Afrique de l’Est et de l’Ouest dépassent 6 %, tandis que l’Afrique du Sud plafonne à 1 %.

L’économie mondiale ralentit, mais l’Afrique subsaharienne continue de croître sensiblement plus vite que la moyenne. Dans son nouveau World Economic Outlook, publié le 13 octobre, le Fonds monétaire international prévoit une progression du PIB de la région de 4,5 % en 2026 comme en 2027. À l’échelle mondiale, la croissance ne devrait atteindre que 3,1 % cette année et 3,4 % l’année prochaine.

Plusieurs pays affichent encore des rythmes de croissance rarement observés dans les économies développées. Le Rwanda est attendu à 7,4 % en 2026, le Bénin à 7 %, l’Ouganda à 6,2 % (avant de bondir à 9,9 % en 2027) et la Côte d’Ivoire à 6 %. La Tanzanie atteint également 6 %, la République démocratique du Congo 5,2 %.

L’Afrique du Sud à seulement 1 %

Pour l’Afrique du Sud, le FMI ne prévoit que 1 % de croissance en 2026, puis 1,3 % en 2027. L’écart avec le reste de l’Afrique subsaharienne est spectaculaire et la première puissance industrielle du continent progresse plus de quatre fois moins vite que la région dans son ensemble. Cette faiblesse a des racines structurelles avec des infrastructures ferroviaires et portuaires insuffisantes, des investissements trop faibles, un chômage massif et une dette publique élevée.

Croissance du FMI 2026 par région
Croissance du FMI 2026 par région

Le FMI estime le taux de chômage autour de 33 % en 2026 et la dette publique proche de 78 % du PIB, ce qui limite la capacité de Pretoria à relancer fortement l’activité par la dépense publique.

Plusieurs petites et moyennes économies africaines profitent au contraire de l’investissement dans les infrastructures et d’une démographie dynamique ; certaines ont aussi engagé une diversification progressive de leur économie.

Les géants africains ne tirent plus seuls la croissance

Le Nigeria devrait enregistrer 4,2 % de croissance en 2026, un rythme que plusieurs pays africains plus petits dépassent nettement. Le Kenya est attendu autour de 4,5 %.

Cette configuration modifie progressivement la géographie de la croissance africaine. Les grandes économies du continent ne sont plus systématiquement celles qui avancent le plus vite. Côte d’Ivoire, Ouganda, Rwanda ou Bénin peuvent peser relativement peu dans le PIB continental tout en affichant des progressions six à plus de sept fois supérieures à celle de l’Afrique du Sud.

Il faut cependant relativiser l’effet de ces taux élevés. Une croissance de 7 % dans une économie dont le PIB par habitant reste faible ne produit pas le même gain de richesse absolue qu’une hausse plus modeste dans une grande économie industrialisée.

La démographie absorbe aussi une partie de cette progression : en Afrique subsaharienne, la croissance réelle par habitant avoisine 2 % en 2026, loin des 4,5 % affichés pour le PIB global.

Une Afrique qui résiste mieux que l’économie mondiale

Le principal enseignement du nouveau WEO reste néanmoins favorable au continent. Malgré le choc énergétique, les tensions géopolitiques, le coût de la dette et le ralentissement mondial, l’Afrique subsaharienne conserve un rythme supérieur à 4 %. La moyenne régionale suffit pourtant de moins en moins à rendre compte de l’économie africaine.

Entre une Afrique du Sud à 1 % et un Rwanda à 7,4 %, le rapport dépasse un à sept. Reste à savoir quels pays sauront transformer cette croissance en investissements et en emplois durables, et pourquoi certaines des anciennes locomotives du continent n’y parviennent plus.

Consulter la base de données WEO d’octobre 2026

Afrik
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