
Alors que les tensions militaires s’aggravent au Moyen-Orient, Libreville organise le retour progressif de ses ressortissants. L’arrivée d’un premier groupe de 36 Gabonais illustre l’inquiétude croissante des autorités face à une crise régionale qui menace directement les diasporas africaines.
Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, liée aux tensions entre Iran, Israël et les États-Unis, les autorités gabonaises ont lancé une vaste opération pour évacuer leurs ressortissants. Une première vague composée de 36 citoyens a regagné Libreville le 22 mars, à bord d’un vol régulier de la compagnie Ethiopian Airlines. À leur arrivée, ils ont été reçus par une délégation gouvernementale dirigée par la cheffe de la diplomatie gabonaise.
Témoignages de guerre : des civils dans l’angoisse totale
Parmi les personnes rapatriées, plusieurs ont partagé des récits marqués par la peur et l’angoisse. À Dubaï, pourtant réputée pour sa stabilité, la proximité du conflit a profondément perturbé la vie des expatriés. Certains d’entre eux, qui résidaient à proximité de l’aéroport international, décrivent des nuits agitées par les bruits d’interceptions de missiles, ressentis jusque dans les bâtiments. Ces secousses, associées à la crainte permanente d’une escalade, disent-ils, ont transformé leur quotidien en véritable épreuve psychologique.
Certains ont été pris au piège de la situation. Alors qu’ils s’apprêtaient à rentrer au Gabon, le déclenchement du conflit les a contraints à prolonger leur séjour dans un climat d’alerte permanente. Les notifications régulières invitant à se mettre à l’abri ont laissé une impression terrifiante. Sans compter la vision directe de tirs de missiles. Des expériences inédites. Conscientes des traumatismes potentiels, les autorités gabonaises ont mis en place un dispositif d’accompagnement dès l’arrivée des rapatriés. Tous ont été orientés vers une cellule d’écoute.
800 Gabonais vivant dans différentes régions du Moyen-Orient
Sur place, des psychologues sont mobilisés pour les aider à exprimer leur vécu et amorcer un processus de soutien. Les familles, elles aussi, ont vécu des moments d’angoisse. L’accueil à l’aéroport a été marqué par des retrouvailles chargées d’émotion. Certains parents évoquent des semaines d’inquiétude aggravées par des difficultés de communication. L’instabilité des réseaux et les informations fragmentaires rendaient la situation encore plus stressante. Ce retour au pays apparaît ainsi comme une délivrance, tant pour les rapatriés que pour leurs proches restés au Gabon.
Avant l’éclatement du conflit, environ 800 Gabonais vivaient dans différentes régions du Moyen-Orient. Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire, le gouvernement a décidé d’organiser leur retour progressif. La ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, coordonne personnellement ces opérations. Elle appelle les ressortissants gabonais encore sur place à regagner leur pays dès que possible. Un second vol de rapatriement est déjà programmé, les autorités accélèrent le processus.
Une diaspora exposée aux risques du conflit
Cette mobilisation s’inscrit dans une logique de prévention, visant à éviter que les citoyens ne se retrouvent exposés à des risques en cas d’intensification des hostilités. Face à l’intensification des tensions au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran et des États du Golfe, le Kenya a engagé les préparatifs d’un rapatriement massif de ses ressortissants. Près de 500 000 Kényans vivant dans la région pourraient être concernés par cette opération d’envergure, dont le coût est estimé à plusieurs millions d’euros.
Le gouvernement a déjà sollicité des fonds publics pour financer ce dispositif d’urgence. Les premières évacuations ont débuté. Cela s’organise entre des déplacements terrestres vers des zones sûres et des vols spéciaux opérés avec le soutien de Kenya Airways. Cette diaspora se retrouve aujourd’hui exposée aux risques du conflit alors qu’elle est pilier des transferts financiers vers le pays. Toutefois, le financement de l’opération divise la classe politique, ce qui pousse les autorités à cibler en priorité les personnes les plus vulnérables.




