Spatial africain : un marché à 35 milliards de dollars au cœur du débat à Libreville


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Afrique vue de l'Espace la nuit
Afrique vue de l'Espace la nuit

La NewSpace Africa Conference a ouvert ses portes à Libreville le 20 avril. Première édition organisée en Afrique centrale, la 5ème conférence spatiale africaine rassemble plus de 200 entreprises venues de 65 pays avec un objectif concret : bâtir une filière spatiale qui ne dépende plus de l’étranger.

Après Abidjan, Nairobi, Luanda et Le Caire, c’est au stade d’Angondjé, dans la commune d’Akanda, que s’est tenue, lundi 20 avril, la cérémonie d’ouverture de la 5ème édition de la conférence spatiale africaine. La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, représentant son collègue en charge du numérique, a pris la parole au nom du chef de l’État, le général Brice Clotaire Oligui Nguema.

« Maîtriser l’espace, c’est maîtriser son destin »

Son message : le spatial comme outil de souveraineté, de gouvernance et de transformation économique. Elle a également annoncé la finalisation prochaine d’une stratégie spatiale nationale gabonaise afin que le pays passe d’initiatives isolées à un cadre politique cohérent.

Un marché spatial à 35 milliards de dollars, mais un continent encore dépendant

Stade d’Angondjé Libreville Gabon
Stade d’Angondjé Libreville Gabon

Organisée sous le thème « Croissance inclusive : élargir les bénéfices de l’espace à tous les Africains », la conférence spatiale africaine aborde des sujets très concrets. Cela va de la sécurité alimentaire aux prévision climatique en passant par la connectivité rurale. L’Agence spatiale africaine chiffre l’économie spatiale du continent à 22 milliards de dollars en 2026, avec une projection à 35 milliards d’ici 2030.

Cependant, les participants l’ont reconnu d’emblée, l’Afrique reste largement consommatrice de technologies qu’elle ne produit pas. Seuls quelques pays, Afrique du Sud, Nigeria, Rwanda, Égypte, ont des programmes spatiaux qui tiennent la route. Les autres peinent à suivre, faute de budgets, de compétences techniques ou d’engagement politique.

L’AGEOS, l’atout gabonais

Le Gabon dispose d’un avantage que peu de ses voisins peuvent revendiquer : l’AGEOS (Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales), seule structure de ce type en Afrique centrale. Son directeur général a présenté les infrastructures de réception de données satellitaires déjà opérationnelles et la formation de jeunes experts nationaux. C’est un un socle solide qui permet déjà au pays de surveiller ses forêts et de gérer ses ressources naturelles depuis l’orbite.

En marge des débats, le directeur général de Space in Africa a annoncé la création de l’Africa Space Expo (ASPEX), dont la première édition se tiendra à Abidjan en septembre 2026. Un signal que le secteur veut produire des contrats, pas seulement des déclarations d’intention.

Pour le Gabon, exposé aux aléas climatiques et assis sur des ressources naturelles importantes, l’espace n’est plus un horizon lointain. C’est un outil de gestion du territoire,mais à condition que les annonces de Libreville se traduisent en satellites, en données et en décisions.

La conférence a aussi accouché d’une annonce concrète : la création de l’Africa Space Expo (ASPEX), dont la première édition se tiendra à Abidjan en septembre 2026. Ainsi le secteur prend acte que les déclarations d’intention ne suffisent plus.

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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