
Un an après son élection, Brice Oligui Nguema dresse un bilan contrasté à la tête du Gabon. Le président conserve un soutien populaire important. Mais des inquiétudes émergent sur l’évolution des libertés publiques. Le pays oscille entre stabilité politique et attentes démocratiques.
Le Gabon marque, ce 12 avril 2026, le premier anniversaire de l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema. L’ancien chef militaire, arrivé au pouvoir après la transition, avait remporté le scrutin avec une large majorité. Depuis, les autorités mettent en avant une stabilité retrouvée et l’absence de violences politiques majeures. Pourtant, le climat social évolue et les critiques sur les restrictions des libertés se multiplient. Ce premier bilan révèle un pays partagé entre espoir de consolidation et interrogations sur la trajectoire démocratique.
Un capital de confiance encore solide malgré les zones d’ombre
Pour de nombreux Gabonais, l’image de l’homme providentiel reste intacte. Un an après son investiture, le président jouit toujours d’un soutien populaire significatif. Les partisans du pouvoir soulignent volontiers que, contrairement aux scrutins de l’ère précédente, l’élection d’avril 2025 n’a pas été marquée par des scènes de violences généralisées. Cette transition vers un ordre constitutionnel, bien que dirigée par l’ancien chef de la garde républicaine, est perçue par une frange de la population comme une garantie de paix et une promesse de relance économique. Dans les quartiers de Libreville, nombreux sont ceux qui préfèrent donner du temps au général-président pour concrétiser ses engagements de campagne.
L’ombre de la censure et le recul des libertés
Cependant, derrière les chiffres officiels et le calme apparent, une autre réalité se dessine dans les rues de la capitale. Depuis plusieurs mois, le climat social s’est durci, marqué par des coupures récurrentes des réseaux sociaux et des interpellations ciblées. Qu’il s’agisse d’influenceurs, de leaders syndicaux ou de journalistes, les voix critiques sont de plus en plus rares dans l’espace public. Cette situation a engendré un phénomène d’autocensure frappant : si les citoyens acceptent encore de partager leur désarroi, ils exigent désormais l’anonymat par crainte de représailles. Ce contraste entre l’adhésion massive affichée dans les urnes et la peur de s’exprimer librement constitue aujourd’hui le principal point de friction du débat national.
Un anniversaire sans faste avant le grand rendez-vous de mai
Paradoxalement, ce premier anniversaire de l’élection présidentielle se déroule dans une certaine sobriété. Les autorités gabonaises n’ont prévu aucun programme de célébration officielle pour la date du 12 avril. Le palais de la Rénovation semble privilégier une autre échéance, jugée plus prestigieuse : le 3 mai prochain. Cette date, qui marque l’anniversaire de la prestation de serment du chef de l’État, devrait donner lieu à des manifestations d’ampleur à travers le pays. En attendant ces festivités, le Gabon se trouve à la croisée des chemins, oscillant entre la reconnaissance d’une stabilité retrouvée et l’exigence d’une ouverture démocratique qui semble, pour l’heure, marquer le pas.





