Maroc–Émirats : Mohammed VI échange avec MBZ sur la crise du pétrole et d’Ormuz


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Mohammed VI discours du trône 2023
Mohammed VI discours du trône 2023

Lors d’un entretien téléphonique tenu le 21 avril, Mohammed VI et Mohamed bin Zayed Al Nahyan ont réaffirmé leur volonté d’intensifier la coopération bilatérale. Notamment dans les secteurs du développement économique et de l’investissement. Au cœur de leur échange téléphonique, la crise du pétrole et du détroit d’Ormuz.

Un échange entre le roi du Maroc, Mohammed VI, et le Président des Émirats arabes unis et émir d’Abou Dabi, Mohamed bin Zayed Al Nahyan a eu lieu, hier, mardi. L’entretien entre dans le cadre d’un renforcement des relations entre Rabat et Abou Dhabi. Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité d’une coordination étroite pour anticiper les évolutions au Moyen-Orient. Une approche qui vise à renforcer la stabilité régionale tout en protégeant les intérêts économiques communs. Au cœur des préoccupations figure la situation explosive dans le détroit d’Ormuz, passage clé du commerce énergétique mondial.

Détroit d’Ormuz : une crise aux répercussions globales

Depuis plusieurs semaines, les tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis ont conduit à un contrôle militaire strict de cette voie stratégique. Le trafic maritime y a chuté de manière spectaculaire. Ce qui a perturbé l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Cette situation survient suite à une escalade militaire déclenchée fin février. Incident qui a rapidement transformé le détroit en point de pression géopolitique. Les attaques de navires, la pose de mines et la multiplication des incidents ont fait grimper les coûts du transport maritime et des assurances.

Malgré quelques tentatives de négociation, les discussions entre Washington et Téhéran restent dans l’impasse. Ce qui alimente une instabilité durable sur les marchés internationaux. Les conséquences de cette crise se ressentent jusqu’en Afrique. Sur le continent, plusieurs économies subissent déjà les effets indirects de la hausse des prix de l’énergie et des perturbations logistiques. Le canal de Suez, importante artère du commerce mondial, voit son activité menacée par les tensions en mer Rouge.

Onde de choc monétaire sur le continent

Par effet domino, les coûts du transport maritime augmentent. Ce qui impacte les importations alimentaires et les importations agricoles africaines. La dépendance de nombreux pays du continent aux marchés extérieurs amplifie ces effets. La hausse des prix du carburant se répercute également sur les coûts de production. Ce qui aggrave l’inflation et réduisant le pouvoir d’achat des populations.

La flambée des prix du pétrole a entraîné une onde de choc monétaire sur le continent. Plusieurs devises africaines ont fortement reculé face à l’euro et au dollar. Des monnaies comme le naira nigérian ou le cedi ghanéen ont subi des dépréciations significatives, accentuées par la dépendance énergétique et le poids de la dette extérieure. Même les économies relativement stables ne sont pas épargnées. Si le franc CFA conserve une parité fixe avec l’euro, il n’échappe pas à la hausse des prix importés.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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