Cotton made in Africa définit une norme en matière de traçabilité


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Récolte du coton
Récolte du coton

Le label de coton durable double son réseau de partenaires et rend obligatoire son standard de transparence à partir de mars 2026.

La filière du coton africain certifié s’affirme. L’Aid by Trade Foundation (AbTF), organisation hambourgeoise qui pilote le standard Cotton made in Africa® (CmiA), annonce avoir atteint le nombre record de 700 fournisseurs et producteurs répartis dans 25 pays, capables de tracer physiquement le coton CmiA depuis le produit fini jusqu’à son origine. Un chiffre qui a plus que doublé en un an.

De la balle de coton au produit textile : une chaîne documentée de bout en bout

Le système repose sur le modèle de chaîne de traçabilité Hard Identity Preserved (HIP), en place depuis 2008. Contrairement à d’autres approches par bilan massique, le HIP impose une ségrégation stricte du coton certifié à chaque étape de la transformation. Tout est documenté de l’égrenage à la filature, du tissage à la confection, avec un suivi numérique des transactions. Résultat : environ 33 000 tonnes de coton CmiA physiquement traçable ont été transformées à ce jour en quelque 190 millions d’articles textiles.

« En tant qu’organisation de normalisation, notre mission est d’assurer la transparence tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales », souligne Tina Stridde, directrice générale de l’AbTF. L’enjeu est double : offrir aux marques et distributeurs une garantie crédible sur le respect des critères sociaux et environnementaux, et prémunir les entreprises contre les accusations de greenwashing grâce à des audits indépendants.

Le groupe REWE, pionnier de la traçabilité complète

Parmi les entreprises engagées, le groupe REWE fait figure de précurseur. Le distributeur allemand a annoncé avoir atteint fin 2025 la traçabilité complète du coton CmiA utilisé dans ses marques de distributeur. Torsten Stau, directeur exécutif des achats non-alimentaires du groupe, y voit un levier de confiance auprès des consommateurs et une contribution directe au soutien des petits producteurs africains qui cultivent selon des standards sociaux et environnementaux reconnus.

D’autres grands noms comme Bestseller, le groupe Otto, OVS ou encore Primark utilisent déjà le système de traçabilité physique de l’AbTF.

Un standard de transparence obligatoire dès mars 2026

À compter de mars 2026, le Transparency Standard de l’AbTF, introduit au printemps 2025, deviendra obligatoire pour tout partenaire souhaitant revendiquer la présence de coton CmiA dans ses produits. Ce standard ajoute une couche supplémentaire de vérification par des tiers indépendants : documents de transaction numériques (DTD), audits de bureau fondés sur l’analyse de risque menés par des organismes accrédités ISO, questionnaires d’auto-évaluation et audits sur site dans les filatures.

L’ambition ne s’arrête pas au coton. Fort du succès de ce déploiement, l’AbTF prévoit d’étendre le Transparency Standard aux fibres de cachemire certifiées sous The Good Cashmere Standard® à partir de 2027.

Un positionnement stratégique face aux exigences réglementaires

Les entreprises textiles font face à un durcissement réglementaire continu, qu’il s’agisse du devoir de vigilance européen, de la directive sur les allégations environnementales ou des exigences nationales en matière de due diligence. En permettant de remonter la chaîne de valeur du produit fini jusqu’au champ de coton, le système HIP adossé au Transparency Standard constitue un outil de conformité opérationnel.

Pour les marques et distributeurs qui souhaitent s’engager, CmiA propose deux voies d’intégration : le système HIP pour une traçabilité physique complète (avec le label « CmiA Inside »), et le système Mass Balance, plus souple, qui garantit un équilibre quantitatif entre les achats de coton certifié et les ventes de fil étiqueté CmiA. Chaque acteur de la chaîne du négociant en coton, à la filature en passant par le producteur de tissu, le confectionneur ou la marque et le distributeur, peut rejoindre l’Alliance de la Demande selon son rôle dans la filière.

Il faut rappeler que Cotton made in Africa se distingue des autres labels de coton durable par son ancrage exclusivement africain. Le coton CmiA est cultivé par de petits exploitants dans des régions où cette culture constitue souvent le principal revenu des familles rurales. Les redevances de licence versées par les partenaires financent des programmes de formation agricole et des projets communautaires dans les zones de production.

Avec le doublement de son réseau de partenaires et l’entrée en vigueur imminente de son standard de transparence obligatoire, CmiA affirme sa place parmi les standards de référence du coton durable et envoie un signal clair à une industrie textile en quête de preuves tangibles de ses engagements.

Rédaction
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