Côte d’Ivoire : les cinq plus grandes fortunes du pays et les groupes qui les portent


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Top 5 des plus grosses fortune de Côte d'ivoire
Top 5 des plus grosses fortune de Côte d'ivoire

Aucune institution ne publie de classement vérifié des fortunes ivoiriennes. Le décompte le plus documenté reste celui du magazine Sika Finance, qui plaçait en 2023 la famille Billon devant Yérim Sow, Jean Kacou Diagou, la famille Ezzedine et Koné Dossongui. Derrière ces cinq noms, se trouvent des groupes qui pèsent sur l’agro-industrie, la banque, l’assurance et la distribution alimentaire en Afrique de l’Ouest.

Qui est la personne la plus riche de Côte d’Ivoire ? La question revient régulièrement, sans réponse solide car aucune institution internationale ne publie de classement annuel et vérifié des patrimoines ivoiriens. Les entreprises concernées appartiennent le plus souvent à des holdings familiales non cotées, et les actifs immobiliers comme les participations indirectes échappent à toute publication obligatoire.

La hiérarchie la plus détaillée remonte à avril 2023 et provient de Sika Finance. Le site économique abidjanais a valorisé les actifs détenus par chaque entrepreneur dans ses différentes sociétés, en écartant de son périmètre les responsables politiques, les sportifs, les artistes et la diaspora. Les montants qui suivent sont donc des ordres de grandeur, pas des liquidités disponibles.

SIFCA maintient la famille Billon en tête

Jean-Louis-Billon
Jean-Louis-Billon

En première position figure la famille Billon, dont les actifs étaient évalués à 327 milliards de FCFA. Ce patrimoine repose sur SIFCA, groupe agro-industriel fondé en 1964 par Pierre Billon et spécialisé dans l’huile de palme, le caoutchouc naturel et le sucre de canne. L’entreprise revendique aujourd’hui plus de 33 000 employés, treize filiales et une implantation dans cinq pays. Palmci, SAPH et Sucrivoire sont cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan.

Le capital se partage entre trois blocs. La famille Billon détient environ 44 % du groupe via Parme Invest, les héritiers d’Yves Lambelin 21 % via Immoriv, et le singapourien Wilmar 27 %, entré en 2008 par la coentreprise Nauvu. Jean-Louis Billon demeure le visage public de cette fortune, mais il a quitté la direction opérationnelle et Pierre-Emmanuel Billon occupe désormais le poste de directeur général. Alassane Doumbia, fils adoptif d’Yves Lambelin, préside le conseil d’administration. L’ancien ministre du Commerce s’est tourné vers la politique et a terminé deuxième de la présidentielle d’octobre 2025, avec 3,09 % des voix, sous les couleurs du Congrès démocratique.

Alassane Doumbia figure lui-même au sixième rang du classement de Sika Finance, avec 170 milliards de FCFA correspondant à sa participation dans SIFCA. Deux des six premières fortunes ivoiriennes dépendent donc du même groupe agro-industriel.

Teyliom et NSIA, des groupes sortis du cadre national

Yérim Sow
Yérim Sow,

La deuxième place revient à Yérim Sow, avec des actifs évalués à 293 milliards de FCFA. Né à Dakar en 1967, fils d’Aliou Sadio Sow, fondateur du groupe de BTP Compagnie sahélienne d’entreprises, il a bâti son parcours en dehors de l’entreprise paternelle, d’abord dans l’informatique puis dans les pagers et les télécoms. Sa holding, créée en 2001 sous le nom de Teylium et rebaptisée Teyliom en 2013, revendique une cinquantaine de sociétés réparties dans seize pays d’Afrique, d’Europe et du Moyen-Orient.

Ses activités couvrent l’immobilier, l’hôtellerie, la finance, l’industrie et les télécommunications. Les enseignes hôtelières Noom, Seen et Yaas sont exploitées par sa filiale Mangalis Hotel Group. Dans la banque, il a lancé Bridge Bank Group Côte d’Ivoire en 2006 avec Pape Diouf. L’établissement a publié un résultat net de 27,2 milliards de FCFA pour l’exercice 2025 et prépare son introduction à la BRVM.

Jean Kacou Diagou occupe le troisième rang, avec une valorisation estimée à 241 milliards de FCFA. Né en 1948 à Cocody, il a passé plus de vingt ans dans l’assurance et coécrit le code CIMA avant de créer NSIA en 1995, avec un capital initial de 300 millions de FCFA. Le groupe s’est ensuite imposé dans la bancassurance, avec une vingtaine de compagnies d’assurances et deux banques implantées dans douze pays d’Afrique subsaharienne.

La famille a resserré son contrôle sur l’ensemble. Manzima Holding, son véhicule d’investissement, a porté sa participation dans NSIA Participations de 46,67 % à 68,73 % en rachetant les parts de la Banque nationale du Canada, sortie du capital. Deux des filles du fondateur occupent des postes de direction avec Janine Kacou Diagou à la tête du groupe, Dominique Diagou-Ehilé à celle du pôle assurance.

Chez les Ezzedine et Dossongui, la discrétion des poids lourds

En quatrième position apparaît la famille Ezzedine, propriétaire du groupe Carré d’Or, dont les actifs étaient évalués à 221 milliards de FCFA. L’ensemble démarre en 1988 avec un magasin de marchandises diverses ouvert par Ibrahim Ezzedine, arrivé du Liban. Sa filiale principale, la Société de distribution de toutes marchandises (SDTM), a réalisé 469 milliards de FCFA de chiffre d’affaires en 2021, ce qui en faisait alors la première entreprise à capitaux privés ivoiriens selon Sika Finance.

La part de marché de 70 % attribuée au groupe sur le riz ivoirien circule depuis plus de dix ans sans avoir été actualisée par un organisme indépendant, ce qui invite à la manier avec prudence. Depuis la mort d’Ibrahim Ezzedine en 2012, son frère Zouheir dirige Carré d’Or, qui emploie entre 7 000 et 7 500 personnes et s’est diversifié dans la minoterie avec les Moulins modernes de Côte d’Ivoire, les pâtes alimentaires, l’eau embouteillée et la conserve de tomate. La famille ne communique pas ses comptes consolidés.

Koné Dossongui
Koné Dossongui

Le cinquième rang revient à Koné Dossongui, fondateur d’Atlantic Group, avec les actifs valorisés à environ 170 milliards de FCFA. Né en 1950 à Gbon, ingénieur agronome de formation et ancien ministre, il a dirigé la société d’État Palmindustrie avant de racheter en 1997 la filiale ivoirienne de Barclays, devenue Banque Atlantique. Son groupe employait plus de 7 000 personnes au moment du classement et opère dans une quinzaine de pays, de la banque à l’assurance, du ciment à l’agro-industrie.

Son périmètre a changé de dimension depuis. Le 2 décembre 2025, Atlantic Group a finalisé le rachat des intérêts de Barrick dans la mine d’or de Tongon et dans plusieurs permis d’exploration.

Criss Bailly
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Criss Bailly est un journaliste collaborant avec afrik.com, où il couvre une large palette de sujets allant de la politique à la culture, en passant par la santé et la société. Ses articles abordent des thématiques variées, telles que la responsabilité sociétale des entreprises en Afrique, la situation épidémiologique du Covid-19 au Gabon, ou encore des enquêtes sur des scandales internationaux impliquant des figures publiques. Il met également en lumière des figures marquantes du continent, comme l’écrivain Serge Bilé ou la chanteuse Dobet Gnahoré, à travers des interviews et des analyses approfondies. Son travail reflète un engagement à décrypter les dynamiques africaines contemporaines, tout en donnant une voix aux acteurs influents du continent.
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