
Le soulagement reste mêlé d’inquiétude dans les capitales africaines. Ce mardi 3 février 2026, Donald Trump a signé la prolongation de l’AGOA jusqu’à la fin de l’année. Cette décision évite une rupture immédiate des échanges commerciaux pour 32 pays bénéficiaires. Mais ce renouvellement limité à douze mois apparaît comme un sursis précaire.
Pour les industriels du continent, l’incertitude menace déjà investissements et emplois liés aux exportations vers les États-Unis.
L’Afrique du Sud dans le viseur de Washington
Au cœur des préoccupations, l’Afrique du Sud voit sa position vaciller. Malgré son maintien dans le programme pour 2026, les relations diplomatiques entre Pretoria et l’administration Trump demeurent extrêmement tendues. Washington multiplie les critiques contre les politiques sud-africaines de réduction des inégalités raciales, tandis que des droits de douane de 30 % pèsent déjà sur certaines exportations du pays. Pour des experts économiques, le risque d’une exclusion en cours d’année n’est pas à exclure, ce qui amputerait le PIB sud-africain de 0,2 point et fragiliserait prioritairement le secteur automobile et l’agriculture.
Des exigences accrues pour un accès restreint
La nouvelle version du programme, qualifiée d’« AGOA du XXIe siècle » par la Maison Blanche, s’accompagne de conditions plus strictes. Les États-Unis exigent désormais une plus grande ouverture des marchés africains aux produits, agriculteurs et éleveurs américains. Cette approche transactionnelle inquiète les chefs d’entreprise, à l’image des industriels du textile au Kenya ou au Lesotho. Pour ces acteurs, une extension d’un an ne permet pas de sécuriser les commandes massives des géants de l’habillement. Ceux-ci privilégient les zones de production offrant une stabilité législative sur plusieurs années.
Vers une émancipation commerciale du continent
Face à cette incertitude chronique, une partie des dirigeants africains plaide pour une rupture avec la dépendance aux préférences américaines. Des pays comme le Nigeria et le Kenya accélèrent déjà la diversification de leurs partenariats, en se tournant vers les Émirats arabes unis ou la Chine. Parallèlement, les institutions financières panafricaines, à l’instar d’Afreximbank, appellent les nations du continent à ne plus compter sur la « bienveillance d’autrui ». L’objectif affiché est de stimuler le commerce intracontinental via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour construire une économie résiliente, capable de résister aux revirements de la politique commerciale de Washington.




