« Charlie Hebdo » : les lycéens de Seine-Saint-Denis partagés

La France a fait face, le 7 janvier 2015, à un attentat meurtrier contre le journal satirique « Charlie Hebdo ». Comment les lycéens de la Seine-Saint-Denis réagissent-ils face à cette attaque ? L’equipe parisienne d’AFRIK.COM est allée à leur rencontre.

Le siège de Charlie Hebdo a été la cible, le 7 janvier 2015, d’une attaque terroriste commise par les frères Kouachi. L’attaque sanglante a causé la mort de 12 personnes dont les célèbres dessinateurs Charb et Cabu. Les Français unis comme un seul homme ont tenu à rendre hommage aux 12 victimes des frères Kouachi lors d’une grande marche, trois jours après le drame. Pour les lycéens de Seine-Saint-Denis, cet acte est avant tout condamnable, même si certains dénoncent les caricatures faites par le journal.

Condamnation de l’attentat

Ainsi pour ce jeune élève du lycée Suger à Saint Denis, sortant à peine de son dernier cours de la journée, l’attentat contre Charlie Hebdo est vraiment choquant. « Je condamne les attentats contre Charlie Hebdo ! Comment peut-on tuer des personnes juste à cause de leurs dessins, c’est effrayant dans un pays qui prône la liberté d’expression !». Un groupe de jeunes discutant devant le lycée se joignent à la conversation en précisant que « même si les dessins des journalistes de Charlie Hebdo sont provocateurs et mettent en colère les musulmans, ce n’est pas une raison pour leur ôter la vie ».

Même son de cloche au lycée Condorcet de Montreuil, où un jeune de confession musulmane a tenu à déclarer : « Je ne comprends pas comment on peut en venir à tuer des journalistes juste pour leurs dessins ! Ce n’est pas ça l’islam. Certes, il est interdit de dessiner le prophète, mais il est aussi interdit de tuer. Jai tenu à manifester dimanche en hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo. Sarah, lycéenne en terminale, se demande aussi comment ces terroristes ont pu commettre un tel acte : « Depuis le 7 janvier, je suis Charlie », martèle-t-elle.

Caricatures de Charlie Hebdo en question

D’autres lycéens, eux, estiment que le journal satirique français était allé trop loin en publiant les caricatures du prophète, que l’islam interdit formellement. C’est le cas de Mohamed, qui estime que « les caricatures du prophète Mohamed ont attisé la haine chez certaines personnes. Je pense qu’ils doivent arrêter de faire ça pour éviter de mettre leur vie en danger ». Ce jeune lycéen de seconde abonde dans le même sens, avec un peu de nuance : « Je suis pour la liberté d’expression, mais il faut éviter de faire des caricatures du prophète sachant que cela est interdit dans la religion musulmane. Après il ne faut pas s’étonner que des gens aient envie de tuer ces dessinateurs, même si je pense que l’intention des journalistes de Charlie Hebdo n’est pas de heurter les musulmans ».

Des caricatures que ne comptent pas supprimer les journalistes de Charlie Hebdo. La Une du journal publiée mercredi dernier montre le prophète Mohamed avec une larme coulant le long de sa joue, tenant à la main une pancarte où il est inscrit : « Je suis Charlie ». Le journal a été imprimé à plus de 7 millions d’exemplaires. c’est en un seul tirage l’équivalent de nombreuses années d’activité normale pour ce titre jusque là peu vendu. Même si plusieurs pays d’Afrique a majorité musulmane ont déjà interdit la vente du journal, l’objectif des terroristes qui était de faire taire Charlie Hebdo… aura produit l’effet inverse : faire exploser sa diffusion !