
Une association de sensibilisation au handicap de la région lyonnaise, DNA association, accompagnera en décembre la caravane annuelle de Hope For Autism Cameroun dans le sud du pays. Elle collecte jusqu’au 25 octobre des jeux d’éveil destinés à des familles qui n’ont pas les moyens d’en acheter.
À Douala comme dans les villages du sud du Cameroun, l’enfant autiste est encore souvent celui que l’on cache. Le trouble y est régulièrement mis sur le compte d’un mauvais sort ou de « l’esprit de l’eau ». Certaines familles tiennent leur enfant à l’écart du voisinage, d’autres l’abandonnent au bord d’une rivière. Le ministère de la Santé publique avançait en 2019 le chiffre de plus de 100 000 enfants autistes dans le pays, alors que les structures capables de poser un diagnostic et d’accompagner les familles restent rares et concentrées dans les grandes villes.
Une caravane pour expliquer l’autisme aux parents
C’est auprès de ces familles que travaille Hope For Autism Cameroun. Fondée et présidée par Charles Nombot, auteur de Sous les yeux de Lucas. La beauté invisible de la différence, l’association organise chaque fin d’année une Caravane de Noël qui sillonne le sud du pays pour aller expliquer aux parents ce qu’est l’autisme. « Beaucoup de familles pensent encore que leur enfant est puni ou possédé. Quand on leur explique ce qu’est l’autisme et qu’on leur montre comment jouer avec lui, leur regard change », raconte son fondateur.
En décembre 2026, la caravane embarquera une petite équipe venue de France. DNA association (« Drôle de Nom pour une Association »), créée en 2022 à Oullins-Pierre-Bénite, au sud de Lyon, intervient d’ordinaire dans les écoles et les entreprises de la métropole pour sensibiliser au handicap. Ce voyage de deux semaines inaugure son premier programme de solidarité internationale, baptisé « DNA sans frontières ».
Un jeu à 10 euros, hors de portée de la plupart des foyers
L’équipe compte emporter 500 jeux d’éveil adaptés aux enfants autistes, pour qui le jeu constitue souvent la première porte d’entrée vers la communication et les apprentissages. Sur place, un tel jeu coûte une dizaine d’euros, quand le salaire moyen tourne autour de 100 euros par mois, selon l’association. Charles Nombot le vérifie à chaque tournée : « Dans beaucoup de familles que nous rencontrons, l’enfant n’a jamais eu de jeu à lui. »
Les jeux, en bon état, peuvent être proposés jusqu’au 25 octobre par courriel à contact@dnassociation.fr. Les dons financiers restent ouverts au-delà de cette date sur la plateforme HelloAsso, avec une réduction d’impôt de 66 % pour les particuliers et de 60 % pour les entreprises mécènes.
Une campagne en parodies de films cultes
Pour faire connaître la collecte, DNA association a misé sur l’humour. Son président, Cédric Barbiero, joue dans une série de vidéos publiées sur les réseaux sociaux, où il détourne des films cultes pour interpeller ceux qui remettent toujours leur don au lendemain. Les enfants et leurs familles ne sont jamais la cible des blagues. Le fil rouge de la campagne est une valise dans laquelle les jeux et une caméra passent avant les vêtements. « Ça fait sourire, mais on a vraiment besoin de chacun de ces jeux », prévient-il.
La caméra servira à filmer les rencontres avec les familles et la remise des jeux, pour un documentaire qui sera diffusé en France au retour de l’équipe. Si cette première édition aboutit, DNA association prévoit de reconduire l’opération chaque année avec son partenaire camerounais.





