
Le WWF Cameroun mise sur le biochar, un charbon écologique issu de la biomasse, pour renforcer la durabilité de la production de cacao. Une innovation agricole prometteuse, présentée lors d’un atelier national à Douala, qui pourrait transformer les pratiques culturales et la résilience des sols face au changement climatique.
Le cacao constitue l’un des principaux produits d’exportation du Cameroun et une source majeure de devises. A en croire les experts en matière agricole, le biochar, qui n’est autre qu’un type de charbon de bois produit à partir de la pyrolyse de biomasse végétale comme des résidus agricoles ou des déchets forestiers, représente une innovation prometteuse pour la filière cacao.
D’où l’organisation par le Fonds mondial pour la nature (WWF), ce jour 15 avril 2026 à l’hôtel Sawa de Douala, d’un atelier national consacré à l’utilisation du biochar dans la filière cacao.
Le biochar, une alternative durable aux engrais chimiques dans la filière cacao
Au cours de cette importante rencontre très courue, il y avait entre autres thèmes développés :
- Biochar au Cameroun : contexte, historique et perspectives pour l’agriculture
- Vers une agriculture durable : la vision du Minader (ministère de l’agriculture et du développement rural) sur les amendements organiques et le biochar
- Cacao durable et valorisation des amendements organiques : vision et perspectives du Mincommerce (ministère du Commerce)
- Biochar et cacao culture : enjeux pour le carbone et perspectives internationales
- Expérimentations locales et perspectives du biochar : leçons tirées des essais de Mintom pour une cacao culture durable

Prenant la parole devant un imposant parterre de personnalités, Monsieur Alain ONONINO, directeur national de WWF (Fonds mondial pour la nature), antenne camerounaise, indique, « il est question au cours de cette rencontre, de présenter les résultats scientifiques, des expérimentations, d’avoir une compréhension commune pour toutes les parties prenantes (les pouvoirs publics, le secteur privé et les producteurs), du bénéfice du biochar, d’identifier les opportunités et les défis qui se présentent à nous, lorsqu’il s’agira d’étendre cette expérimentation dans d’autres zones de productions agricoles. Et ensuite, d’évaluer les besoins, pour véritablement d’étendre cela à l’échelle nationale. »
Enfin, mais surtout, quel est le cadre politique et réglementaire qui doit être mis en place. C’est la raison pour laquelle, nous avons ici, nos partenaires institutionnels autour de la table, afin que nous puissions développer un cadre réglementaire favorable, pour une appropriation et pour une mise en œuvre efficace et facilement accessible à l’échelle nationale.
Vers un cadre réglementaire pour une agriculture résiliente au Cameroun
« Alors, aujourd’hui, l’agriculture qui est l’une de nos principales sources de revenu, notamment pour les communautés locales, est également, malheureusement, l’une des causes des changements climatiques. Et c’est en cela que le biochar est important. Parce que le biochar permet justement de donner au sol, des caractéristiques qui lui permettent de résister aux aléas climatiques, qui permettent de réduire le taux de déforestation tout en préservant la bonne qualité et des bonnes pratiques agricoles et par conséquent, des revenus conséquents et durables pour les producteurs. On parle ici des producteurs de cacao » conclut-il.
Selon les producteurs de cacao de Mintom, « le biochar remplace valablement les engrais insecticides et les fongicides. Nous l’avons l’expérimenté dans des parcelles qui n’étaient plus fertiles. Une fois utilisée, ces parcelles produisent plus qu’avant ».

Il faut signaler que le WWF (world wildlife Fund) en français (fonds mondial pour la nature), notamment impliqué dans les projets de protection des forêts tropicales, de conservation des espèces menacées et de promotion de l’écotourisme, accompagne les pouvoirs publics dans la lutte contre les changements climatiques, dans la protection de la biodiversité.
A l’issue des travaux en groupe, il y a eu la restitution des résolutions y afférentes. Et c’est sous une note de satisfaction que les participants, bien outillés, ont regagné leurs localités respectives.




