
Invitée d’honneur de la 62ᵉ édition du Salon international de l’agriculture, la Côte d’Ivoire s’installe à Paris Expo Porte de Versailles du 21 février au 1ᵉʳ mars, avec un pavillon dédié au hall 7.1 et une journée spéciale le 26 février. Au-delà des images de carte postale ca,cao, cajou, banane, Abidjan vient défendre un message : l’avenir se joue dans la valeur ajoutée, la transformation locale et les partenariats industriels.
Une présence « pays à l’honneur » qui raconte une stratégie
Le Salon international de l’agriculture (SIA) n’est pas seulement une vitrine grand public : c’est un carrefour où se croisent filières, acheteurs, investisseurs, coopératives et institutions. Cette année, placée sous la thématique « Générations Solutions », l’édition prend un relief international particulier avec la Côte d’Ivoire en pays à l’honneur. D’ailleurs, c’est seulement la deuxième fois qu’un État étranger reçoit cette distinction, après le Maroc en 2025.
Le choix ne doit rien au hasard. Première puissance agricole d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, de noix de cajou et de noix de cola, le premier producteur africain de bananes dessert et de caoutchouc naturel, et un acteur majeur sur les filières café, coton et mangue. L’agriculture y représente environ 22 % du PIB et emploie près de 60 % de la population active. De surcroît, la France est le premier partenaire commercial du pays et le premier bailleur de son Programme national d’investissement agricole (PNIA), lancé en 2010.
Concrètement, le dispositif s’incarne dans un stand installé au pavillon 7.1. L’inauguration officielle a eu lieu le samedi 21 février, en présence du président Emmanuel Macron et du ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, qui conduit la délégation d’Abidjan. Le SIA se tient jusqu’au dimanche 1ᵉʳ mars, tous les jours de 9 h à 19 h. Fait notable de cette édition : aucun bovin n’est présent au Salon en raison de la dermatose nodulaire contagieuse, ce qui confère une visibilité accrue aux pavillons internationaux et au pays invité.
Du cacao au chocolat : l’enjeu de la valeur ajoutée
Si la Côte d’Ivoire arrive au Salon avec l’aura de ses filières phares, la promesse affichée est celle d’une agriculture qui ne veut plus être cantonnée au rôle de réservoir de matières premières, mais qui entend monter en gamme : transformation, marques, standards de qualité, innovations et débouchés plus rémunérateurs.
C’est ce que traduit la scénographie du pavillon ivoirien : au-delà des produits bruts, l’espace met en avant des produits transformés dans un parcours « expérientiel » mêlant dégustations, présentations des filières et rencontres professionnelles. Les espaces thématiques couvrent un éventail large, du cacao-chocolat au karité, en passant par le café, le manioc, l’hévéa, le coton et les épices. Le programme inclut également la promotion du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA), pendant ivoirien du SIA.
Devant la presse, Bruno Koné a résumé l’ambition : « Révéler au monde l’excellence de notre savoir-faire agricole, la vitalité de nos innovations technologiques et l’ampleur des opportunités d’investissements durables offertes par la Côte d’Ivoire. » La ministre française déléguée à la Francophonie, Éléonore Caroit, a pour sa part salué « le dynamisme et la transformation des filières agricoles ivoiriennes ».
La journée du 26 février : convertir la curiosité en opportunités
La journée dédiée du 26 février constitue un moment charnière : celui où la Côte d’Ivoire cherche à convertir la curiosité du grand public en opportunités professionnelles partenariats commerciaux, coopération technique, projets agro-industriels, logistique, emballage, certification, formation. Des rencontres B to B sont organisées pour dynamiser les investissements et nouer des partenariats concrets.
À Paris, l’enjeu est de faire passer une idée simple : la compétitivité de demain se jouera autant dans l’amont agricole que dans l’aval. C’est à dire transformation et distribution. En filigrane, cette invitation d’honneur raconte aussi une diplomatie économique par l’agriculture. Sur une scène très observée, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur régional incontournable, capable de parler à la fois sécurité alimentaire, emplois ruraux, industrialisation et exportations. Et de rappeler qu’en Afrique de l’Ouest, la bataille n’est plus seulement celle des volumes, mais celle de la captation de valeur.





