
Le Cameroun est en deuil après le décès de Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat, à l’âge de 92 ans. Figure majeure de la vie politique, il a marqué durablement les institutions du pays aux côtés du président Paul Biya. Ingénieur de formation, il a également contribué au développement du secteur énergétique avant d’accéder aux plus hautes fonctions. Son parcours incarne plusieurs décennies de gouvernance au Cameroun.
Une page de l’histoire politique du Cameroun s’est tournée ce samedi 11 avril 2026. Marcel Niat Njifenji, qui fut le tout premier président du Sénat camerounais, s’est éteint à Yaoundé à l’âge de 92 ans. Fidèle compagnon de route du Président Paul Biya, ce grand commis de l’État laisse derrière lui l’image d’un bâtisseur institutionnel et d’un pilier du régime, dont la longévité aux plus hautes fonctions a marqué les dernières décennies du pays.
Du secteur de l’énergie aux sommets de l’État
Né en 1934 à Bangangté, dans la région de l’Ouest, Marcel Niat Njifenji était avant tout un ingénieur de formation. Sa carrière a longtemps été indissociable du développement énergétique du Cameroun. Il a dirigé avec une main de fer la Société Nationale d’Électricité (Sonel) pendant plus de vingt ans, de 1974 à 2001.
Cette expertise technique l’a naturellement conduit vers le gouvernement, où il a servi comme ministre du Plan, puis comme vice-Premier ministre chargé de l’Eau et de l’Énergie. Son ancrage local n’était pas en reste, puisqu’il a également exercé le mandat de maire de sa ville natale au début des années 2000.
Le premier visage de la Chambre haute
C’est en 2013 que Marcel Niat Njifenji accède à la postérité politique en devenant le premier président du Sénat nouvellement créé. Deuxième personnalité de l’État selon l’ordre protocolaire, il était celui à qui revenait la charge constitutionnelle d’assurer l’intérim à la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir.
Il a occupé ce perchoir sans interruption jusqu’en mars 2026, date à laquelle il avait été remplacé. Malgré un affaiblissement physique marqué ces dernières années par de nombreux séjours médicaux à l’étranger, il était resté une figure centrale de l’appareil législatif camerounais.
L’hommage de l’institution et de la nation
Quelques heures seulement après l’annonce de son décès dans une formation hospitalière de la capitale, la solennité a gagné le domicile du défunt. Son successeur à la tête du Sénat, Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, s’est rendu au chevet de la veuve, Mme Marcie Niat, pour exprimer la compassion officielle de l’institution.
Dans un communiqué empreint de respect, le nouveau président de la Chambre haute a salué la mémoire d’un prédécesseur dont le parcours se confond avec l’évolution administrative du Cameroun indépendant. Ce geste marque le début d’un deuil national pour celui qui aura été, jusqu’au bout, un serviteur dévoué de la République.




