Burundi : les militaires putschistes à l’origine des dernières attaques

Les militaires burundais auteurs d’une tentative de coup d’Etat contre le Président Pierre Nkurunziza ont revendiqué, ce dimanche, les dernières attaques au Burundi. Des explosions de grenades avaient causé plusieurs morts dans le pays notamment à l’approche des élections législatives, le 29 juin dernier.

Léonard Ngendakumana, le bras-droit du chef des militaires putschistes, Godefroid Niyombare, qui avait tenté de prendre le pouvoir le 13 mai dernier, a revendiqué les dernières attaques dans le pays, ce dimanche, dans un entretien diffusé sur la chaîne kényane KTN. « Toutes ces actions en cours dans le pays, nous sommes derrière, et nous allons les intensifier jusqu’à ce que Nkurunziza comprenne », a-t-il indiqué. Depuis le début de la contestation, près de 70 personnes sont mortes notamment au cours des manifestations.

Une offensive armée venue du Rwanda ?

La plupart des opposants à la candidature du chef d’Etat à un troisième mandat avaient souligné la responsabilité du pouvoir dans les multiples attaques à la grenade qui ont secoué la capitale Bujumbura de façon sporadique et causé plusieurs morts. Léonard Ngendakumana a déclaré être resté au Burundi pour « résister » et « se battre » contre le pouvoir en place jusqu’à la démission de Pierre Nkurunziza, contrairement à Godefroid Niyombare réfugié à l’étranger, attendant son heure.

Depuis l’échec du coup d’Etat contre le Président Pierre Nkurunziza, le 13 mai, alors en voyage en Tanzanie pour assister à une réunion des chefs d’Etat de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) pour trouver une issue politique à la crise, des centaines de militaires mutins auraient fui le Burundi ou se seraient dissimulés dans la nature. Depuis le départ de plusieurs opposants et putschistes au Rwanda, les rumeurs se multiplient sur une possible offensive armée coordonnée depuis ce pays pour renverser le pouvoir burundais.

Pierre Nkurunziza n’assistera pas au sommet de l’EAC

Plusieurs adversaires du Président burundais, notamment l’ancien président du parti au pouvoir le Cndd-Fdd, Hussein Radjabu, ainsi que l’ancien Vice-président, Gervais Rufyikiri, réfugié en Belgique, ont menacé le pouvoir de faire parler les armes pour renverser Pierre Nkurunziza. Devenant de plus en plus pressantes à la veille des Législatives, ces rumeurs d’une attaque d’envergure ont occasionné la fuite de milliers d’habitants de Bujumbura en province ou dans les pays voisins. Ils sont 140 000 à avoir fui le Burundi depuis le début de la crise, au Rwanda, en République démocratique du Congo et en Tanzanie.

A l’approche de l’élection présidentielle prévue le 15 juillet prochain, Pierre Nkurunziza est en campagne dans les provinces de Mwaro et de Gitega. Le porte-parole de la Présidence, Gervais Abahiro, a indiqué que le Président ne se déplacera pas au troisième sommet de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC) prévu ce lundi afin d’évaluer l’évolution de la situation dans le pays. Il se fera représenter par son ministre des Affaires étrangères, Aimé-Alain Nyamitwe.

Vidéo de l’entretien de Léonard Ngendakumana sur la chaîne kényane KTN: